🖼️ Musées

Museo Archeologico Nazionale

📍 Napoli, Campanie · 89/100

Le Museo Archeologico Nazionale di Napoli (MANN) abrite le Taureau Farnèse, le plus grand bloc de marbre sculpté légué par l'Antiquité, ainsi que la plus ancienne collection égyptienne d'Italie. Fondé en 1777 par Ferdinand IV et inauguré en 1816 au sein de l'ancien Palazzo degli Studi, l'établissement est né pour rassembler en un lieu unique les héritages de la dynastie des Bourbons. Le projet a réuni la statuaire et les peintures de la collection Farnèse (héritées d'Élisabeth Farnèse) et les objets extraordinaires issus des fouilles de Pompéi, Herculanum et Stabies. Ces trésors étaient auparavant conservés au palais royal de Portici, sous la menace constante des éruptions du Vésuve. En 2023, le musée a enregistré 553.141 visiteurs, confirmant sa place parmi les hauts lieux mondiaux de l'archéologie.

À voir

Le patrimoine du musée se structure en grands ensembles historiques. La collection Farnèse se distingue particulièrement, transférée de Rome à Naples à la fin du XVIIIe siècle sur ordre de Ferdinand, en bravant les interdictions de l'État pontifical. Outre le Taureau, cette section comporte le Naophore, l'unique statue égyptienne du groupe. La zone consacrée aux découvertes vésuviennes dévoile d'immenses chefs-d'œuvre de l'art romain : la mosaïque de la Battaglia di Isso, la fresque de Flora, ainsi que des peintures telles que la Venditrice di amorini et les Danzatrici, qui ont profondément marqué l'art néoclassique, sans oublier les Musici ambulanti qui ont influencé le positivisme. Entre 1827 et 1828, Vincenzo Camuccini a repensé la muséographie pour exposer côte à côte les fresques pompéiennes et les tableaux des Farnèse (ces derniers ayant ensuite été transférés au Museo di Capodimonte à partir de 1957).

Au premier étage, l'aile occidentale accueille la section consacrée à la Villa dei Papiri, tandis que de vastes espaces abritent les vestiges de la Grande-Grèce et de Cumes. Célèbre entre tous, le Gabinetto Segreto a été créé en 1819 par Michele Arditi pour regrouper les œuvres à caractère érotique, uniquement accessibles sur autorisation ; c'est l'écrivain Alexandre Dumas, nommé directeur par Giuseppe Garibaldi après l'Unité italienne, qui l'a ouvert au grand public, provoquant à l'époque un scandale mémorable. Au sous-sol se déploient la section épigraphique et la section égyptienne, inaugurée en 1821. Cette dernière associe les pièces découvertes dans le temple d'Isis à Pompéi aux 700 objets de la collection du cardinal Stefano Borgia et aux pièces rapportées par le voyageur vénitien Giuseppe Picchianti.

La visite

Le complexe monumental, libéré de l'Université et réaménagé à partir du XVIIIe siècle par les architectes Ferdinando Fuga et Pompeo Schiantarelli, révèle des siècles de transformations. Dans le grand escalier, la statue du roi Ferdinand Ier sculptée par Antonio Canova en 1816 accueille les visiteurs ; retirée après l'unification, l'œuvre n'a retrouvé son emplacement d'origine qu'en 1997. Durant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment fut préservé en peignant en bleu les vitraux et les verrières, en rendant la toiture ignifuge et en protégeant les œuvres intransportables derrière des sacs de sable, tandis que les pièces les plus fragiles étaient mises à l'abri dans les sous-sols ou à l'abbaye de Montecassino. L'accès moderne s'étend jusqu'au sous-sol : à la sortie de la ligne 1 du métro se trouve la section Stazione Neapolis, ouverte en 2005 pour présenter les objets mis au jour lors des travaux ferroviaires. Parmi les extensions futures, la réouverture de la section numismatique est prévue pour 2026.

Le conseil de la rédaction

Lors de ta visite dans les salles occidentales du premier étage, prends le temps d'observer le sol : entre 1808 et 1813, les mosaïques originales tirées des fouilles archéologiques vésuviennes y ont été directement posées pour servir de dallage aux espaces d'exposition.

Explorer Napoli

Toute la commune : guide, lieux, saveurs et événements.