Face aux marches du Duomo, de l'autre côté de la place, il y a un hôpital qui a travaillé pendant neuf cents ans : le Spedale de Santa Maria della Scala accueillait les pèlerins de la via Francigena, soignait les malades, donnait du pain aux pauvres trois fois par semaine et élevait les enfants abandonnés, avec des registres notant chaque détail pour que les parents puissent un jour les retrouver. Le premier document est une donation de 1090 ; la légende veut un cordonnier, Sorore, comme fondateur. Au Moyen Âge, c'était un État dans l'État, avec ses fermes fortifiées dans tout le Siennois, et les services sont restés en activité jusqu'en 1995, quand la ville a décidé d'en faire un musée.
À voir
Le Pellegrinaio, la salle où dormaient les pèlerins, est entièrement peint à fresque : dans les années quarante du quinzième siècle, Domenico di Bartolo, Vecchietta et Priamo della Quercia peignirent la vie de l'hôpital, non les histoires des saints : la distribution des aumônes, le soin des malades avec le médecin qui examine les urines, les nourrices qui allaitent les enfants trouvés, le mariage d'une fille du Spedale avec sa dot. C'est le cycle le plus important du quinzième siècle siennois et un document unique sur le fonctionnement d'un hôpital. Dans la Vieille Sacristie, peinte par Vecchietta, la Madone du Manteau de Domenico di Bartolo de 1444, et au sous-sol les reliques achetées à Venise en 1359 pour trois mille florins, avec le Saint Clou.
Le complexe est une ville sous la ville : l'église de l'Annunziata avec le Christ de bronze de Vecchietta, la Chapelle des Femmes, les oratoires des confréries creusés dans le tuf, les galeries qui descendent niveau par niveau jusqu'au Musée archéologique national avec les Étrusques de Sienne ; et les panneaux originaux de la Fonte Gaia de Jacopo della Quercia, retirés du Campo et mis à l'abri ici. Sur la façade, les fresques des Lorenzetti et de Simone Martini sont perdues ; il reste l'horloge du dix-septième siècle.
La visite
L'entrée est sur la piazza del Duomo, face à la cathédrale, avec un billet propre, distinct de celui de l'Opera del Duomo ; il faut deux bonnes heures, car les niveaux sont nombreux et le parcours descend sur quatre étages. Certaines sections sont encore en restauration, et le musée grandit d'année en année. L'été, les sous-sols sont l'endroit le plus frais de Sienne.
Le conseil de la rédaction
Dans le Pellegrinaio, cherchez la scène du Soin des malades : le chirurgien qui panse une jambe, le malade porté sur une civière, le garçon lavé dans un baquet, le frère qui confesse. Il n'y a rien de semblable dans aucun autre musée d'Europe, un hôpital qui se peint lui-même au travail. Puis descendez jusqu'au fond, chez les Étrusques : remonter de là à la piazza del Duomo est un voyage de mille ans en cinq minutes.
