Quand Scipione Maffei réunit cette collection d'inscriptions antiques, dans la première moitié du dix-huitième siècle, les musées tels que nous les entendons n'existaient pas : les collections se tenaient dans les maisons des nobles et n'étaient vues que des invités. Maffei voulut le contraire, un lieu où n'importe qui pût entrer regarder les pierres écrites, et il l'appela musée de la ville de Vérone. C'est l'une des plus anciennes institutions muséales publiques d'Europe.
À voir
Il y a des centaines d'inscriptions grecques, étrusques et romaines, montées sur les murs et sous le portique : dalles funéraires, dédicaces, bornes, autels. On y lit les noms des gens, leurs métiers, leur âge à la mort, les formules par lesquelles une épouse faisait graver le souvenir de son mari. C'est une archive de vies ordinaires d'il y a deux mille ans, et c'est plus émouvant que le mot épigraphe ne le laisse croire.
L'édifice lui-même vaut le détour : le portique aux six colonnes fut bâti au début du dix-septième siècle pour le siège de l'Accademia Filarmonica, et l'architecte refit les bases des colonnes en copiant celles du Capitolium, le temple principal de la Vérone romaine. Au dix-huitième siècle le musée était une étape fixe du Grand Tour, et Goethe y passa aussi, et en écrivit.
La visite
Le musée est piazza Bra, à côté des portes de la Bra et à deux pas des Arènes ; entrée payante, souvent comprise dans les billets cumulatifs des musées municipaux, avec un jour de fermeture. Quarante minutes.
Le conseil de la rédaction
Prenez le temps de lire vraiment deux ou trois inscriptions funéraires, celles qui portent le nombre d'années vécues : on y trouve des enfants morts à trois ans, des affranchis déclarant fièrement leur métier, des épouses qui parlent à la première personne. Au milieu de la foule qui va aux Arènes, cette cour est l'endroit le plus silencieux de Vérone.
