En 1236 les franciscains commencèrent à Bologne une église sans précédent en Italie : ils la bâtirent à la française, avec déambulatoire derrière l'autel, chapelles rayonnantes et arcs-boutants reportant la charge à l'extérieur. Jusque-là personne dans la péninsule n'avait fait pareille chose, et pour en voir une autre il fallait passer les Alpes. Le résultat est la basilique San Francesco, haute, étroite et raide, qui a pris aux modèles d'outre-monts la structure et non le décor.
À voir
Derrière le maître-autel se dresse le grand retable de marbre sculpté à la fin du quatorzième siècle par les frères vénitiens dalle Masegne : un mur de pinacles, de niches et de figurines, travaillé à jour comme une dentelle de pierre. C'est l'une des pièces majeures de la sculpture gothique en Italie, et elle est là, au fond de la nef, où on ne la voit qu'en s'approchant.
Dehors, du côté de la place, se trouvent les tombeaux des glossateurs : des caisses de pierre montées sur colonnes, sans église et sans crypte, où furent enterrés les professeurs de droit qui enseignaient dans la Bologne médiévale et attiraient des étudiants de toute l'Europe. Ce sont des monuments civils, non religieux, et ils sont en plein air depuis huit siècles. L'église fut gravement endommagée par les bombardements de 1944 et reconstruite.
La visite
La basilique est piazza Malpighi, à dix minutes à pied de la piazza Maggiore ; entrée libre, fermeture à midi et pendant les offices. Une demi-heure. Les tombeaux des glossateurs sont dehors et se voient à toute heure.
Le conseil de la rédaction
Avant d'entrer, faites le tour complet de l'église par l'extérieur : du côté de l'abside on voit les arcs-boutants, les premiers construits en Italie, qui enjambent le toit des chapelles pour s'appuyer sur les contreforts. C'est une structure qu'on va d'ordinaire admirer en France, et elle est ici au milieu d'un pâté de maisons de Bologne, au-dessus d'un parking à vélos.
