Il y avait ici une église attestée dès l'an mil, tenue depuis 1136 par les chanoines réguliers de Santa Maria in Reno. À la fin du seizième siècle ils la jugèrent trop petite et trop modeste, la démolirent et en bâtirent une nouvelle : les travaux se poursuivirent jusqu'en 1623 et le résultat est l'un des intérieurs les plus solennels de Bologne, haut, clair et sévère.
À voir
Le projet porte le nom d'un père barnabite, Giovanni Ambrogio Mazenta, qui apportait avec lui le modèle des églises de son ordre : une nef unique ample, des chapelles latérales, un espace pensé pour la prédication plus que pour la procession. Le même architecte travailla aussi à Naples, et les deux églises se ressemblent par le plan bien qu'elles soient très éloignées.
À l'intérieur sont conservées des peintures provenant de l'église précédente, panneaux et retables couvrant les siècles du quatorzième au dix-septième, qui disent la richesse de la communauté qui vivait là. Les proportions de la nef, sans décor excessif, sont ce dont on se souvient en sortant.
La visite
L'église est à l'angle de la via Cesare Battisti et de la via IV Novembre, à cinq minutes de la piazza Maggiore ; entrée libre, et elle reste ouverte longtemps parce qu'on y pratique l'adoration eucharistique : c'est l'une des églises du centre où l'on trouve toujours le silence. Vingt minutes.
Le conseil de la rédaction
Si vous marchez dans Bologne en été, entrez-y en début d'après-midi : elle est haute, fraîche, presque vide, et à deux pas de la foule de la via Ugo Bassi. Asseyez-vous au fond et regardez la nef en perspective : on comprend comment on construisait un espace pour porter la voix d'un homme jusqu'au dernier rang.
