Le jour de Pâques 1171, selon le récit, un prêtre rompait l'hostie sur l'autel de cette église quand du sang jaillit de la fracture et éclaboussa la voûte au-dessus de lui. L'enduit taché ne fut jamais ôté : on le détacha, on le protégea et on le conserva, et l'on bâtit autour de lui une chapelle derrière le maître-autel. Depuis, Ferrare a une dévotion particulière au Corpus Domini, et cette église en est le sanctuaire.
À voir
L'édifice fut rebâti en 1495 par Biagio Rossetti, l'architecte qui conçut pour les Este l'agrandissement de la ville, l'un des premiers plans d'urbanisme modernes d'Europe. L'église est à trois nefs, large et régulière, avec ses colonnes, ses voûtes et ses chapelles : architecture de la fin du quinzième siècle, claire et mesurée, très différente du gothique qui se trouvait là avant.
Derrière l'autel on monte au petit temple du Très Précieux Sang, la chapelle construite pour abriter le fragment de voûte avec les taches. C'est un espace étroit et décoré, et la relique n'est pas un objet mais un morceau de plafond : chose que l'on voit rarement. Les murs de l'église portent des fresques et des toiles des peintres ferrarais des seizième et dix-septième siècles.
La visite
L'église est via Borgovado, à dix minutes à pied du château et à deux pas du palais Schifanoia ; entrée libre, fermeture à midi et pendant les offices. Une demi-heure.
Le conseil de la rédaction
Montez derrière l'autel et regardez en l'air : ce qui est conservé est la surface d'une voûte, avec les taches sombres encore visibles. Qu'on y croie ou non, c'est un morceau d'édifice transformé en relique, et il y en a très peu en Italie. Faites ensuite cinq minutes à pied jusqu'au palais Schifanoia : dans la même demi-heure on voit le miracle et la salle des mois, c'est-à-dire les deux visages de Ferrare.
