En 1469 Borso d'Este fit bâtir ce palais pour un exilé : Diotisalvi Neroni, le Florentin banni après avoir conspiré contre les Médicis. Dans l'Italie du quinzième siècle, loger les ennemis du voisin était un acte politique, et la maison qu'on leur offrait mesurait leur importance. C'était un édifice d'un seul étage, surmonté d'une tour.
À voir
Au seizième siècle il revint aux Este, qui le transformèrent : l'un d'eux fit réaliser la cour intérieure, attribuée à Girolamo da Carpi, un autre s'en servit comme liaison entre le petit palais de Marfisa d'Este et le palazzo Schifanoia, afin de passer d'une résidence à l'autre sans sortir dans la rue.
Après la mort de Marfisa le palais passa par héritage et fut vendu en 1643 au comte Borso Bonacossi, dont la famille le garda deux siècles et demi, refaisant la façade et les pièces autour de la tour. Une restauration récente a découvert, sous les plafonds baroques de quatre pièces, les anciens plafonds de bois à caissons peints à la détrempe de motifs géométriques.
La visite
Le palais est via Cisterna del Follo, dans le quartier des résidences d'Este, à cinq minutes de Schifanoia ; il appartient au public et ouvre surtout pour des expositions et des événements, l'accès dépend donc du calendrier. Trois quarts d'heure.
Le conseil de la rédaction
Si vous entrez dans l'une des salles restaurées, regardez le plafond et songez qu'il y en a un autre au-dessus ou au-dessous. Ici les caissons du seizième siècle étaient cachés par un décor baroque, et pendant deux siècles personne n'a su qu'ils existaient. Les vieilles maisons gardent en elles leurs versions antérieures, et de temps en temps quelqu'un les trouve.
