⛪ Églises et sanctuaires

chiesa di San Pietro in Banchi

📍 Genova, Ligurie · 56/100

Le 25 février 1682, le musicien Alessandro Stradella fut poignardé par deux hommes de main sur l'escalier de cette église ; le commanditaire n'a jamais été identifié. C'est l'épisode le plus raconté à propos de San Pietro in Banchi, mais ce n'est pas sa plus grande singularité : l'édifice repose sur un soubassement de boutiques et d'entrepôts, et ce sont leurs loyers et leur vente qui ont payé la construction. Le projet date de 1572, dans le cadre du réaménagement de la piazza Banchi, et c'est justement pour laisser la place aux commerces que Bernardino Cantone a surélevé l'église au-dessus de la rue en tournant sa façade vers la place. En 1580, le Sénat de la République décida de l'achever comme vœu pour la fin de la peste de 1579 ; les travaux se terminèrent en 1585 avec Andrea Ceresola dit il Vannone et Giovanni Ponzello.

À voir

Depuis la place, un large escalier mène à un portique de trois arcades aux voûtes d'arêtes peintes à fresque. Le décor de la façade n'a jamais été exécuté : à sa place, vers le milieu du XVIIe siècle, Giovanni Battista Baiardo a peint de fausses architectures. Au-dessus s'élève une coupole octogonale couverte d'écailles d'ardoise ; deux petits clochers encadrent la façade, un troisième, plus haut, se dresse à l'arrière. Le projet d'origine en prévoyait quatre. Les deux de la façade ont été détruits par le bombardement du 15 novembre 1942, qui a également crevé la voûte : ils ont été refaits à l'identique après la guerre, d'après des photographies et des estampes.

L'intérieur est revêtu de marbre blanc, avec une seule nef, quatre chapelles et une abside profonde. Dans le chœur, les stucs de Marcello Sparzo, venu d'Urbino, racontent les Scènes de la Passion et la remise des clés à Pierre ; ils sont en mauvais état et restent malgré tout ce que l'église a de meilleur. Dans la deuxième chapelle de gauche, payée par le Sénat pour le vœu contre la peste, se trouve l'Immaculée d'Andrea Semino, de 1588, avec des fresques très abîmées d'Andrea Ansaldo ; dans les niches, les statues de Taddeo Carlone et Daniele Casella représentent Jean-Baptiste et Georges, protecteurs de la République, ainsi que Sébastien et Roch, invoqués contre la contagion. Les armoiries, en haut, rappellent que la chapelle appartenait à la ville de Gênes.

La visite

La piazza Banchi se trouve dans la vieille ville, à quelques minutes du palazzo San Giorgio et de la cathédrale San Lorenzo : on y arrive à pied par les carruggi, et l'on reconnaît l'église parce qu'elle est la seule à être surélevée. Ici se dressait l'ancienne San Pietro della Porta, ainsi nommée parce qu'elle s'adossait à une porte de l'enceinte carolingienne : elle existait déjà en 862 comme cellule des moines de Bobbio, à qui elle envoyait chaque année châtaignes, huile, figues, vin et 200 cédrats. En 1125, elle s'affranchit pour 50 lires, et en 1398 un incendie allumé pendant un affrontement entre guelfes et gibelins la détruisit avec les portiques où se tenaient les comptoirs des changeurs, les banchi qui ont donné son nom à la place. L'église est aujourd'hui tenue ouverte par les bénévoles du Centro Banchi, présents ici depuis 1984 : les horaires dépendent d'eux, mieux vaut passer en journée sans compter sur un calendrier fixe.

Le conseil de la rédaction

Regardez le bâtiment de l'extérieur d'abord, et surtout depuis la rue : aucune autre église de Gênes ne repose ainsi sur un étage de boutiques, preuve qu'ici la dévotion passait aussi par les comptes. À l'intérieur, allez droit au chœur et aux stucs de Sparzo. Puis ressortez et restez un instant sur l'escalier : c'est l'endroit exact où Stradella a été frappé, et c'est aussi le meilleur point de vue sur la place.

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