Il y a trois siècles de politique savoyarde dans le Palais Royal, et cela se voit. La façade sévère qui ferme la Piazzetta Reale, à deux pas de la piazza Castello, cache le bâtiment qu'Emmanuel-Philibert choisit comme demeure lorsqu'il transféra la capitale de Chambéry à Turin, en chassant l'évêque qui l'habitait. Depuis, chaque souverain y a laissé sa signature : un chantier de famille qui va du seizième siècle à l'unité italienne, aujourd'hui au cœur des Musei Reali et, avec les autres résidences de la couronne, patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.
À voir
Le plan est d'Ascanio Vittozzi, mais la façade que vous voyez est celle d'Amedeo di Castellamonte, achevée en 1656 à la demande de Christine de France, la Madame Royale. À l'étage noble, les salles célèbrent la dynastie par des allégories de nombreux artistes ; la Galerie du Daniel doit son nom aux fresques du plafond de Daniel Seiter. Au dix-huitième siècle arrive Filippo Juvarra, qui dessine l'Escalier des Ciseaux à double volée et le Cabinet chinois peint par Claudio Francesco Beaumont ; dans le Cabinet pour le maniement secret des affaires d'État se trouvent les deux meubles de Pietro Piffetti, hauts de plus de trois mètres, en bois précieux, ivoire et nacre.
Au dix-neuvième siècle, Pelagio Palagi signe la grille avec Castor et Pollux, de 1835, qui ferme la place, et en 1862 Domenico Ferri construit l'Escalier d'honneur voulu par Victor-Emmanuel II. Depuis le palais, on rejoint la chapelle du Saint-Suaire de Guarino Guarini, bâtie entre 1668 et 1694 pour abriter la relique, et l'Armurerie royale, avec des armes à partir du seizième siècle.
La visite
Depuis 2016, le palais fait partie des Musei Reali avec la Galleria Sabauda, l'Armurerie, la Bibliothèque royale, le Palazzo Chiablese et le Musée des antiquités : un seul billet ouvre tout le complexe, et une journée entière suffit pour le parcourir en totalité. Le palais appartient à l'État depuis 1946, quand la chute de la monarchie l'a transformé en musée. Les Jardins royaux, dessinés à la fin du dix-septième siècle par André Le Nôtre, sont ouverts au public.
Le conseil de la rédaction
Ne courez pas vers l'étage noble : quand vous arrivez dans la chapelle du Saint-Suaire, levez les yeux vers la coupole de Guarini, un cône d'arcs superposés qui se resserrent vers la lumière. C'est l'endroit où la cathédrale et la cour se touchent physiquement, et cela explique mieux que n'importe quel panneau pourquoi les Savoie voulaient la relique chez eux.
