Cette villa fut bâtie pour le trésorier général de l'État savoyard, qui l'inaugura en 1715 en présence du duc et de toute la cour. En 1718 le trésorier était mort, et sa veuve dut la vendre pour les dettes. Trois ans séparent la fête de l'acte de vente : c'est la plus élégante maison du corso Francia, et son histoire commence par une déroute financière.
À voir
L'édifice est baroque, œuvre de Jacopo Maggi, qui travailla en regardant la manière de Guarino Guarini. Au rez-de-chaussée les pièces ont des voûtes décorées et s'ouvrent sur une galerie qui traverse la villa d'une façade à l'autre ; à l'étage se trouvait le grand salon d'honneur. Après la vente la villa passa de main en main : un marquis, un avocat, un agent de change, et un temps la ferme attenante servit de caserne aux occupants français.
Au dix-neuvième siècle elle fut achetée par un sénateur du royaume qui était aussi un entomologiste renommé : il fit bâtir une aile neuve et remplit les deux étages d'un musée d'ornithologie. Vinrent ensuite les Savoie-Aoste, puis les jésuites, qui y tinrent une école, et enfin la municipalité. Aujourd'hui la villa abrite la bibliothèque musicale de la ville, dédiée au musicologue Andrea Della Corte : livrets d'opéra, essais, disques, manuscrits et un fonds sur la danse.
La visite
L'entrée principale est sur le corso Francia, dans le quartier de Parella. Le parc est public et gratuit, ouvert tous les jours ; la villa abrite la bibliothèque, qui a ses propres horaires et jours de fermeture. Une heure entre parc et bibliothèque.
Le conseil de la rédaction
Dans le parc se dresse l'arbre le plus grand et le plus vieux de Turin : un platane du dix-huitième siècle, six mètres soixante de circonférence mesurés à hauteur d'homme. Il faut quatre personnes bras écartés pour en faire le tour, et cela vaut la peine d'essayer. Il a été planté quand la villa était neuve, et il a vu défiler le trésorier, le marquis, les jésuites et la mairie : chacun d'eux a cru en être le propriétaire.
