Cette église a été la maison des chevaliers teutoniques à Bari. Elle s'appelait Santa Maria degli Alemanni, Santa Maria Theotonicorum, et était annexée à la domus locale de l'Ordre : le point où les Allemands en route pour Jérusalem s'arrêtaient avant de s'embarquer. Le nom qu'elle porte aujourd'hui est arrivé trois siècles plus tard.
À voir
À la fin du treizième siècle le nombre d'Allemands faisant halte dans les Pouilles sur le chemin de Jérusalem avait beaucoup augmenté, après que les Souabes se furent établis dans le Midi, et la naissance de l'Ordre teutonique accrut encore ce flux. La domus de Bari dépendait de la maison mère de San Leonardo in Siponto : en 1239 elle avait pour précepteur un certain Arnold et hébergeait le précepteur de toutes les maisons de l'Ordre dans les Pouilles, qui s'appelait Gunther. Ces noms disent peu au lecteur d'aujourd'hui, mais ils restituent avec précision la structure d'un réseau : un bureau local, un responsable régional, une maison mère un peu plus au nord.
En 1492 le pape Innocent VIII, à la demande de Ludovic le More, attribua l'église aux clarisses, et depuis lors elle s'appelle Santa Chiara ; elle resta pourtant sous la juridiction du cardinal protecteur de l'Ordre teutonique puis des précepteurs de Siponto. L'archevêque Ricciardi réduisit ensuite les moniales de quarante-six à trente et une. En 1539 l'église fut restructurée grâce aux dons de Bona Sforza, reine de Pologne et duchesse de Bari, pendant le priorat de l'abbesse Sveva ; au dix-huitième siècle elle fut réédifiée sous l'abbesse Laura Gironda. Le monastère fut supprimé au début du dix-neuvième siècle et vendu quelques années après aux moniales de Santa Maria del Buonconsiglio ; puis vinrent les militaires, qui en firent une caserne, et à la fin du siècle la partie supérieure du clocher du dix-huitième fut abattue. Elle devint enfin le siège de la confrérie de San Luca, fut restaurée dans les années trente et définitivement fermée au culte dans les années soixante-dix.
La visite
Elle n'est pas ouverte au culte : elle se tient strada Santa Chiara, dans la vieille ville, près de strada San Vito et de strada Tresca, et l'accès dépend de la confrérie et d'éventuelles ouvertures exceptionnelles, il faut donc vérifier avant. Un quart d'heure.
Le conseil de la rédaction
On conserve ici les misteri della Vallisa, les statues de la Passion du Christ. Ce n'est pourtant pas ici que vous les verrez travailler : la procession pascale des misteri part d'ordinaire de l'église Santa Teresa dei Maschi, et de Santa Chiara elle n'est partie qu'une seule fois, dans les années quatre-vingt-dix. Si vous venez à Bari pendant la semaine sainte, regardez le cortège dans la rue en sachant que ces statues passent l'année dans une église fermée au culte, et que celle-ci est leur magasin, non leur scène.
