Ce bourg s'est vidé entre l'après-guerre et les années soixante, et depuis 2009 il est inscrit au registre du patrimoine immatériel de la Région sicilienne. Non parmi les monuments : dans le livre des métiers, des savoirs et des techniques. Un village abandonné protégé non pour ses pierres mais pour ce que ses habitants savaient faire.
À voir
Pantano s'accroche à une crête des monts Péloritains, dans une zone de collines qui relève aujourd'hui d'un corridor écologique. Les maisons sont celles que les habitants ont laissées en descendant à la vallée ou en partant tout à fait : un processus commencé après la guerre et achevé en une quinzaine d'années.
Le plus ancien témoignage écrit le concernant est un acte notarié par lequel les religieuses latines du diocèse de Messine cédèrent un fonds à un homme du lieu, Antonio Calabro, contre un cens de trois tarì d'or. Ce sont les documents à partir desquels on reconstruit la vie de tels bourgs : des contrats de terre, non des chroniques.
La visite
On arrive de Rometta en suivant la départementale vers les monts puis une bifurcation ; c'est un habitat abandonné, donc sans services, et les ruines ne doivent pas être explorées de l'intérieur. Une heure.
Le conseil de la rédaction
Regardez les terrasses et les sentiers plutôt que les maisons. Si ce lieu est protégé comme savoir et non comme architecture, la raison se voit hors des murs : dans la manière dont la pente a été taillée en gradins, dans l'eau canalisée, dans les chemins qui reliaient les familles aux champs. La technique est dans le paysage, et le paysage est la seule chose qui ne s'est pas dépeuplée.
