Presque tout le monde connaît la porte d'entrée et ignore la maison. La porte, c'est le lac de Braies, avec sa cabane à barques et la file de gens qui attendent leur tour pour la photo ; la maison, c'est ce qui se trouve au-dessus, par-delà le bord de la cuvette : trois hauts plateaux, Fanes, Sennes et Fosses, où les Dolomites cessent d'être des parois et deviennent de larges prairies de pierre claire, silencieuses, avec les marmottes qui sifflent et aucune route. Le parc naturel a été créé en 1980 et couvre plus de vingt-cinq mille hectares.
À voir
Les plateaux sont la raison de venir : on monte en trois ou quatre heures depuis San Vigilio di Marebbe, depuis le lac de Braies ou depuis le col de Locia au-dessus de San Cassiano, et là-haut on marche des heures sur un monde plat à deux mille mètres, parmi les dolines, les petits lacs et les alpages. Les sommets alentour atteignent trois mille mètres, et le parc touche à l'est celui des Tre Cime : nous sommes dans les Dolomites classées au patrimoine mondial en 2009.
Fanes est le décor des légendes ladines du royaume du même nom, avec la princesse Dolasilla et les marmottes alliées : ce n'est pas du folklore de carte postale, c'est l'épopée d'une langue parlée par quelques dizaines de milliers de personnes, et qui la connaît marche ici avec une autre tête. De l'autre côté, à Prato Piazza, la vaste cuvette herbeuse sous le Picco di Vallandro conserve un fort austro-hongrois de la Grande Guerre, aujourd'hui en ruine, avec une vue qui explique à elle seule pourquoi il fut bâti là.
La visite
L'été, l'accès en voiture au val de Braies et à Prato Piazza est réglementé par réservations et navettes : à vérifier avant de partir, car sans permis on est arrêté. Les plateaux ne se rejoignent qu'à pied ; les refuges Fanes, Sennes, Fodara Vedla et Biella permettent de dormir en altitude et ouvrent en saison estivale. Le parc est traversé par les hautes routes un et trois. L'hiver, on y va à ski de randonnée ou en raquettes.
Le conseil de la rédaction
Si vous n'avez qu'une demi-journée et que vous êtes au lac, ne faites pas le tour pour repartir comme tout le monde : prenez le sentier qui monte vers la brèche sous la Croda del Becco. Quarante minutes de montée suffisent à laisser derrière soi quatre-vingt-quinze pour cent des gens, et de là on voit le lac tout entier, vert, minuscule et sans bruit.
