L'édifice du collège des Jésuites, à Trento, abrite aujourd'hui la bibliothèque municipale et le siège provincial des ACLI ; il fut jadis le siège du collège tridentin de la Compagnie de Jésus, une caserne pendant les guerres napoléoniennes, un séminaire et longtemps l'objet d'une querelle entre le séminaire et la commune.
À voir
Au XVIe siècle le cardinal Cristoforo Madruzzo proposa à plusieurs reprises de faire venir en ville des ordres religieux à vocation éducative. En 1552 le conseil de la ville refusa les théatins, jugeant plus important de «voir la jeunesse au commerce qu'aux lettres» ; l'accord avec la Compagnie de Jésus fut conclu le 9 novembre 1623, mais les jésuites n'étaient accueillis que comme simples maîtres de l'école communale, avec l'interdiction d'acquérir des immeubles. Le nombre d'élèves crût vite et, grâce à des donations et des legs, l'ordre réunit un capital pour construire un collège en position centrale : le premier projet, piazza del Duomo, fut rejeté par les consuls parce qu'il aurait obligé à expulser quelques familles de notables. On acheta finalement un édifice via Lunga, le «Palazzo da Povo», avec quelques bâtiments voisins, et l'on n'en vint à la construction qu'en 1670, après avoir réglé le différend avec la famille Costede, qui refusait de céder la tour du même nom ; la tour, qui empêchait de bâtir «nec supra nec infra», fut ensuite réutilisée comme campanile de l'église de San Francesco Saverio.
Le 21 juillet 1773 le pape Clément XIV décida la suppression de la Compagnie de Jésus, et en 1774 ses biens passèrent au séminaire : le collège, l'église de San Francesco Saverio, rebaptisée église du Séminaire, et le jardin à l'italienne donnant sur l'Adige. Pendant les guerres napoléoniennes l'édifice fut caserne, cantonnement et hôpital militaire et subit des dévastations et un incendie ; il ne fut rendu au magistrat consulaire qu'en 1807 et en très mauvais état, stucs et portraits ayant été enlevés et grattés. La querelle entre séminaire et commune se termina avec l'accord de 1882, qui attribua l'édifice au séminaire épiscopal, avec l'usage de certains espaces pour les écoles civiques ; en 1896 on décida de construire un nouveau séminaire, et la commune acheta l'emprise de l'ancien collège par l'acte de 1903. La partie la plus importante du bâtiment ne fut remise à la commune qu'en 1907, pour un prix de cent cinquante mille couronnes. À côté de l'église le comité diocésain fit construire une salle de conférences de style Liberty, projet de l'architecte trentin Emilio Paor, l'un des rares exemples de pur style Liberty de la ville, qui entraîna toutefois la destruction du jardin à l'italienne des jésuites. Après un nouvel usage comme caserne pendant la Première Guerre mondiale, en 1919 on décida de transférer la bibliothèque municipale au premier étage et les archives d'État aux deuxième et troisième ; l'inauguration eut lieu le 30 décembre 1921.
La visite
Selon les sources consultées, l'édifice abrite la bibliothèque municipale de Trento et le siège provincial des ACLI ; horaires, accès et services de la bibliothèque sont à vérifier auprès de la commune.
Le conseil de la rédaction
Cherchez le campanile de l'église de San Francesco Saverio : selon les sources c'est l'ancienne tour Costede, celle qui pendant des années bloqua le chantier du collège et fut finalement réutilisée comme campanile.


