Pietraroja se tient sur les pentes orientales du Matese, et c'est la deuxième commune du Bénéventin par l'altitude. Le nom vient de la couleur de la roche: petra robia, roche rouge, comme le piedra roja espagnol ou le pierre rouge français, à cause des calcaires rougeâtres qui affleurent sur la crête du Monte Mutria; dans les documents ecclésiastiques du quatorzième siècle le village est Petra Rogia, plus tard Pietraroscia. Et il ne s'est pas toujours trouvé où il est aujourd'hui: l'agglomération actuelle est la quatrième édification du village, relevée après le tremblement de terre du 5 juin 1688.
Il fut un centre des Samnites Pentres, et de ses maîtres suivants le plus rappelé est un Normand: Raone de San Flaimundo, souche des Sanframondo, qui reçut de Roger II les possessions des vassaux des barons vaincus. Son nom est resté dans les vieilles chansons de Pietraroja comme synonyme d'homme orgueilleux. Après l'unité italienne ces montagnes furent terre de brigandage: la bande de Gabriele Varrone se cachait dans la grotte des Brigands, dite aussi des Fées, où l'on n'entrait qu'en se laissant descendre à la corde. En décembre 1863 la garde nationale l'assiégea et convainquit les hommes de sortir en leur promettant la vie sauve: à peine dehors, ils furent fusillés, derrière la mairie, en un lieu qui s'appelle encore Aria della Corte.
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