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🏰 Châteaux et palais

palazzo Ducale

📍 Genova, Ligurie · 71/100

Le 3 novembre 1777, un incendie dévora le corps central du Palais des Doges et ne laissa debout que l'atrium du rez-de-chaussée et le grand escalier. La façade de marbre qui regarde aujourd'hui la piazza De Ferrari est née de ce désastre : le Tessinois Simone Cantoni la dessina et elle fut construite entre 1778 et 1783, l'un des premiers exemples de néoclassicisme à Gênes. Le palais, que les Génois appellent encore Paxo, était le siège du doge de la République ; le chantier avait commencé à la fin du Duecento, après que les victoires sur Pise à la Meloria en 1284 et sur Venise à Curzola en 1298 eurent fait de Gênes une puissance méditerranéenne.

À voir

Jusqu'en 1291, les capitaines du peuple n'avaient pas de siège propre : cette année-là, Corrado Doria et Oberto Spinola achetèrent les maisons des Doria, et trois ans plus tard s'y ajouta le palais d'Alberto Fieschi, avec la tour dite plus tard Grimaldina, haute de six étages. Le nom «ducale» apparaît en 1339, avec l'élection du premier doge, Simone Boccanegra. L'aspect actuel revient pourtant à Andrea Ceresola, dit il Vannone, chargé par le sénat en 1591 d'en faire à la fois une résidence et une forteresse : de lui viennent la grande cour voûtée, les deux cours à arcades et l'escalier menant à l'étage noble.

À l'étage noble se trouvent les salles du Grand et du Petit Conseil, où siégeaient quatre cents sénateurs et où se tiennent aujourd'hui les grandes expositions. Le décor fut mis au concours en 1700 aux frais des marquis Giustiniani : aux peintres génois, parmi lesquels Domenico Piola et Lorenzo De Ferrari, les commanditaires préférèrent le Bolonais Marcantonio Franceschini et le Napolitain Francesco Solimena. Via Tommaso Reggio, la restauration d'Orlando Grosso a remis au jour la loge des abbés, seul fragment médiéval que Vannone avait caché derrière une façade lisse ; en 1942, les bombes alliées frappèrent la jonction entre le corps central et l'aile ouest.

La visite

Le palais a deux entrées, l'une sur la piazza Matteotti, l'autre sur la piazza De Ferrari, à quelques pas de la cathédrale San Lorenzo. Cours et portiques se traversent librement et abritent cafés, librairies et associations culturelles ; on paie pour les expositions de l'étage noble et pour la montée à la tour Grimaldina. À partir de 1815, avec l'annexion au royaume de Sardaigne, le bâtiment cessa d'être le siège du gouvernement et devint palais de justice, rôle qu'il conserva jusqu'en 1975 : la restauration de 1992, pour le cinquième centenaire de la traversée vers l'Amérique, l'a rendu à la ville comme lieu de culture.

Le conseil de la rédaction

Montez à la Grimaldina même sans exposition en cours : du sommet, on lit d'un côté le dédale des caruggi, de l'autre le port, et la tour explique mieux que n'importe quelle salle pourquoi le sénat voulait un palais qui fût aussi une forteresse. Arrêtez-vous ensuite dans la grande cour, qui a accueilli en juillet 2001 les chefs d'État et de gouvernement réunis à Gênes pour le G8 : l'entrée ne coûte rien, et c'est le meilleur endroit pour mesurer à quel point ce bâtiment vit encore avec la ville.

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