Le clocher de Sori compte parmi les plus beaux clochers baroques de Ligurie, et il a une date de naissance précise : les travaux d'élévation ont commencé le 15 avril 1740, un peu plus de vingt ans après la reconstruction de l'église à laquelle il appartient. L'église paroissiale Sainte-Marguerite d'Antioche se dresse sur la piazza della Chiesa, au centre du bourg. Un premier édifice existait ici vers le XIIe siècle, sans doute roman et dimensionné pour la population d'alors ; à partir de 1143 il dépendait, comme les autres lieux de culte des environs, de la pieve San Michele Arcangelo de Pieve Ligure. L'autonomie est venue le 6 mai 1674, quand l'archevêque de Gênes Giovanni Battista Spinola l'a érigée en prévôté en la soustrayant au contrôle de la pieve.
À voir
L'édifice actuel a été bâti entre 1711 et 1714 sur un dessin de Giovanni Antonio Ricca le Jeune. Le plan est fortement longitudinal : l'atrium et le presbytère sont l'un et l'autre très allongés, si bien que le regard est poussé vers l'autel comme dans une lunette. La nef est unique, large et haute, de forme rectangulaire, mais les angles sont raccordés et des chapelles basses s'ouvrent dans ces pans coupés, d'un gabarit différent de celui des chapelles principales alignées sur les deux grands côtés. Entrez, puis retournez-vous vers la porte : l'écart entre les deux familles de chapelles ne se lit que de là.
Aux murs sont accrochés des tableaux du XVIIIe siècle, dus à des peintres de l'école ligure, à peu près contemporains du chantier. La Seconde Guerre mondiale a endommagé l'édifice ; une restauration menée entre 2002 et 2003 a réparé les dégâts. Parmi les prêtres qui ont dirigé la paroisse, de 1891 à 1912, il y a eu Giacomo Ghio, passé de Sori au siège archiépiscopal d'Urbino-Urbania-Sant'Angelo in Vado, qu'il a occupé jusqu'en 1931.
La visite
L'église est le siège de la paroisse du même nom, rattachée au vicariat de Bogliasco-Pieve-Sori de l'archidiocèse de Gênes : c'est un bâtiment en service, dont les ouvertures suivent le calendrier des offices. Qui arrive en dehors des horaires garde la piazza della Chiesa, une place resserrée dans le tissu du centre ancien d'où le clocher se voit en entier. Un regard depuis la place et un autre depuis le bord de mer donnent deux églises différentes : de loin seule la tour compte, de près c'est la longueur du corps de bâtiment.
Le conseil de la rédaction
Nous venons en fin d'après-midi, quand la lumière rasante prend le clocher de côté et détache ses corniches et ses ordres superposés : c'est le moment où l'on comprend pourquoi on le range parmi les meilleurs du baroque ligure. À l'intérieur, nous conseillons de parcourir la nef jusqu'au fond et de laisser du temps aux toiles du XVIIIe siècle. Ce sont des travaux d'atelier local, pas des chefs-d'oeuvre célèbres, et c'est précisément pour cela qu'ils parlent : ils disent ce qu'une communauté de marins pouvait s'offrir au XVIIIe siècle, un architecte génois et une tour de cette taille.
