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🖼️ Musées

Terme dell'Indirizzo

📍 Catania, Sicile · 42/100

Pendant des siècles, personne n'a su ce que c'était. Les sources du dix-septième siècle parlent d'une ecclesia ou d'un Palazzo di Città, c'est-à-dire d'un lieu public pour les réunions et les conseils ; les carmes qui le trouvèrent à l'intérieur de leur couvent y rangeaient leurs affaires, comme dans un entrepôt. C'est en réalité la salle chaude d'un bain romain, et au-dessus de la tête il y a une coupole qui frôle les dix mètres.

À voir

Les Terme dell'Indirizzo sont piazza Currò, à faible distance de la cathédrale et du Castello Ursino, et les archéologues les datent de l'époque impériale tardive, entre le troisième et le cinquième siècle. Elles sont petites, mais souvent citées parmi les bains romains les mieux conservés d'Europe : cinq salles tiennent encore debout, plus divers espaces secondaires, et surtout le parcours subsiste, que l'on peut encore faire à pied dans le bon ordre. On entre par une salle rectangulaire, l'apodyterium, le vestiaire ; sur la paroi nord se voit une petite niche qui dut servir de latrine. Une ouverture à l'ouest mène à une seconde salle rectangulaire, probablement le frigidarium : comme le vestiaire, elle est traversée par un canal servant à évacuer l'eau. Il y a ensuite deux tepidaria, l'un trapézoïdal et l'autre rectangulaire. Les ouvertures qui relient le vestiaire aux autres salles sont surmontées d'architraves monolithiques en calcaire, et des blocs semblables ont été trouvés dans la via Zappalà Gemelli voisine : ils viennent probablement de l'antique enceinte de la ville.

La salle principale est le calidarium, de plan octogonal, couvert par la coupole. La lumière entrait par des ouvertures disposées sur deux niveaux, et il faut ici remarquer une absence : sur les côtés exposés au nord, il n'y en a aucune. Autour du calidarium s'ouvrent trois bassins rectangulaires, et dans l'un on voit encore les suspensurae, les piles de briques qui portaient le sol suspendu ; entre le bassin ouest et le tepidarium trapézoïdal se trouve une petite pièce à sudation, le laconicum. Le quartier, près du port, était commerçant, et à l'époque médiévale la structure servit probablement de boutique. Au début du dix-septième siècle le terrain passa aux carmes, qui englobèrent les ruines dans leur monastère. C'est le prince de Biscari, Ignazio Paternò Castello, qui comprit ce que c'était, dans les années soixante-dix du dix-huitième siècle. Elles ne redevinrent pleinement visibles que dans les années trente du vingtième, une première restauration date des années quatre-vingt, et d'autres études et travaux ont été menés entre 2011 et 2013.

La visite

L'ensemble est un monument géré par la Région : horaires, billets et modalités d'ouverture changent avec le temps ; mieux vaut donc les vérifier avant d'y aller, car le site n'est pas toujours accessible. Il est petit et se parcourt en une demi-heure. Il est en plein centre, entre la cathédrale et le Castello Ursino, et s'insère donc dans n'importe quel tour.

Le conseil de la rédaction

Dans le calidarium, arrêtez-vous et cherchez le mur aveugle. Les fenêtres sont sur deux niveaux, mais d'un côté il n'y en a aucune, et c'est le côté nord. Ce n'est ni un hasard ni un effondrement : c'est la salle la plus chaude de l'édifice, et celui qui l'a bâtie a simplement refusé d'ouvrir des fenêtres du côté d'où vient le froid. Le regarder de l'intérieur est la manière la plus directe de comprendre qu'un édifice antique n'est pas un objet décoratif mais une machine, orientée comme on oriente une machine, et que ses choix se lisent encore aujourd'hui en comptant les trous dans les murs.

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