Cette église a trois noms, en trois langues différentes : en italien San Giacomo, en français Saint-Jacques, et en töitschu, le parler germanique d'Issime, Sent Joapuksch Chilchu. Ce n'est pas du folklore : les habitants de cette vallée descendent des Walser, qui au moyen âge franchirent les Alpes depuis le Valais et emportèrent leur allemand, le conservant des siècles durant au milieu d'un monde latin.
À voir
Le premier témoignage de l'église est de 1184, dans une bulle du pape Lucius III ; le même siècle Issime obtint son autonomie de la paroisse de Perloz. L'édifice actuel naît d'une reconstruction commencée en 1683, dont on conserve le contrat par lequel le curé attribua les travaux.
Le maître-autel fut bâti entre la fin du dix-septième et le début du dix-huitième siècle, et au milieu du dix-huitième on réalisa le parvis, articulé en quinze niches. Des restaurations des années quatre-vingt du vingtième siècle ont mis au jour des restes de l'église primitive, et peu après le musée attenant a été ouvert.
La visite
L'église est sur la place principale d'Issime, dans la vallée du Lys, sur la route qui monte vers Gressoney ; c'est une paroissiale, elle ouvre pour les offices, tandis que le musée a ses propres horaires à vérifier. Une demi-heure.
Le conseil de la rédaction
Avant d'entrer, lisez les panneaux du village. Le töitschu d'Issime n'est pas la même langue que le titsch parlé à Gressoney, quelques kilomètres plus haut : deux communautés walser voisines ont conservé deux variétés différentes. Quelques centaines de personnes maintiennent en vie un idiome qu'on ne parle nulle part ailleurs en Europe.
