Le sol de cette église est un tableau : des faïences peintes qui couvrent toute la surface et représentent le paradis terrestre, avec Adam et Ève chassés, le serpent sur l'arbre et, autour, des dizaines d'animaux, certains copiés sur des estampes et d'autres inventés. Il fut réalisé en 1761 par un maître napolitain, et pour ne pas l'abîmer on marche autour, non dessus.
À voir
Les animaux sont la partie amusante : il y a la licorne, l'éléphant, le crocodile, le cheval, le chien, les oiseaux, dessinés par quelqu'un qui ne les avait presque certainement jamais vus vivants. Le paysage est plein d'arbres et de fleurs, et les couleurs sont celles de la céramique napolitaine, jaunes, verts, bleus.
L'église est octogonale, avec sa coupole et ses murs clairs, et la structure ne sert qu'à une chose : faire voir le sol. C'est pourquoi il y a la tribune supérieure, à laquelle on accède par un escalier étroit, et de là-haut on regarde la composition entière comme un tableau accroché, d'en haut et d'un seul coup.
La visite
L'église est piazza San Nicola, à Anacapri, à cinq minutes de la place principale ; entrée payante, horaires saisonniers et fermeture en hiver. Vingt minutes. On marche sur le pourtour, sur les passerelles.
Le conseil de la rédaction
Montez tout de suite à la tribune avant de regarder de près : la composition ne se lit que de là, et d'en bas on ne voit que des morceaux. Redescendez ensuite et cherchez un animal à la fois le long du bord : c'est ainsi que la regardaient les Capriotes du dix-huitième siècle, qui avaient pendant la messe tout le temps de l'étudier.
