Axel Munthe était un médecin suédois qui, à vingt ans, montant pour la première fois à Anacapri, vit les ruines d'une chapelle au sommet de l'escalier phénicien et décida qu'un jour il y bâtirait sa maison. Il y mit des années : il acheta le terrain, éleva les murs avec les paysans du lieu et y installa les antiquités qui affleuraient en creusant, car là-haut s'était dressée une villa de l'empereur Tibère. Puis il écrivit un livre sur tout cela, Le Livre de San Michele, qui devint en 1929 l'un des plus grands succès d'édition du siècle.
À voir
La maison est blanche, basse et pleine de lumière, avec des pièces qui s'ouvrent l'une dans l'autre et des colonnades qui encadrent la mer ; dedans, des marbres antiques, des mosaïques, des têtes romaines et les objets que Munthe collectionnait, disposés comme un ameublement et non comme un musée. Le jardin est la meilleure part : pergolas, cyprès, terrasses à pic et la loge d'où l'on voit Capri, le port et le golfe.
Sur le parapet de la terrasse se dresse un sphinx égyptien de granit rouge, très ancien, posé de façon à regarder la mer et à tourner le dos à qui arrive : personne ne peut voir son visage. Munthe acheta aussi le mont Barbarossa, au-dessus de la villa, pour empêcher qu'on y continue à capturer au filet les oiseaux migrateurs : c'est depuis une oasis, et c'est peut-être la chose la plus utile qu'il ait faite.
La visite
La villa est à Anacapri, à cinq minutes à pied de l'arrêt de l'autobus qui monte de Capri ; billet, ouverte tous les jours avec des horaires saisonniers. Une heure. L'été, des concerts au coucher du soleil ont lieu dans le jardin. Qui monte à pied par l'escalier phénicien débouche exactement là, après quelques centaines de marches.
Le conseil de la rédaction
Allez au fond de la loge, jusqu'au sphinx, et tenez-vous à côté de lui en regardant où il regarde : de ce point on voit toute l'île en contrebas et la mer ouverte devant, et c'est pourquoi la maison a été bâtie exactement ici. La tradition dit de poser la main gauche sur le dos du sphinx et de faire un vœu ; tout le monde le fait, et personne ne sait depuis quand.
