🏰 Châteaux et palais

Castel Capuano

📍 Napoli, Campanie · 66/100

Pendant quatre siècles et demi, les Napolitains ont appelé ce château d'un autre nom, la Vicaria : c'était le tribunal du Royaume, avec les cours à l'étage noble, les prisons dans les sous-sols et la colonne devant la porte où l'on mettait au pilori les débiteurs. Mais avant, il avait été un palais royal : Guillaume le Mauvais, fils de Roger le Normand, le construisit en 1160 sur la route de Capoue, et y passèrent Frédéric II qui le rendit habitable, les Angevins qui y marièrent leurs enfants, Jeanne II qui s'y enferma assiégée, les Aragonais qui le remplirent de fresques et de jardins, et Charles Quint qui y logea au retour de Tunis. Puis, en 1537, le vice-roi Tolède le confisqua et y réunit tous les juges de Naples, et les juges y sont restés jusqu'en 1995.

À voir

De l'extérieur, c'est un palais plus qu'un château, parce que Tolède lui ôta créneaux et tours pour en faire un tribunal, et la façade vers la via dei Tribunali, qui finit ici, montre les armes de Charles Quint au-dessus du portail et les fausses fenêtres de Frédéric II. À côté se dresse la Porta Capuana, la porte de marbre des Aragonais dessinée par Giuliano da Maiano, avec ses deux tours appelées Honneur et Vertu, et derrière, sur la place, la fontaine du Formiello. Dedans, quand on entre, la cour et l'escalier monumental, et les salles des tribunaux qui ont gardé les fresques des siècles où l'on écrivait les sentences sous des allégories.

La Sala della Sommaria, avec les fresques du seizième siècle de Pedro de Rubiales, qui avait été avec Vasari à Rome ; le Salon des Bustes, la grande salle de la Cour d'appel avec les bustes de marbre des juristes napolitains sur les murs, où se tenaient les audiences solennelles ; les salles du Sacro Regio Consiglio peintes par Belisario Corenzio ; la chapelle de la Sommaria ; et un boudoir rococo du dix-huitième siècle dirigé par Ferdinando Sanfelice, survivant au milieu des salles d'audience. Dessous, les prisons de la Vicaria, dont la mémoire napolitaine garde plus les histoires que les pierres. Ici, en 1432, fut poignardé Sergianni Caracciolo, le favori de la reine Jeanne, qui l'avait fait tuer.

La visite

Le château est piazza Enrico De Nicola, au bout de la via dei Tribunali, à dix minutes à pied de la gare centrale ; depuis 2023 il est le siège de l'École supérieure de la magistrature et n'est pas un musée : on ne le visite qu'à l'occasion d'ouvertures exceptionnelles, journées du FAI et Maggio dei Monumenti, ou en visite guidée sur réservation, à vérifier. L'extérieur, la Porta Capuana et la place sont toujours là. Une demi-heure dehors, une heure dedans quand c'est possible.

Le conseil de la rédaction

Si vous trouvez une ouverture, allez droit au Salon des Bustes et lisez les noms sous les têtes de marbre : ce sont les avocats et les juges qui ont fait de Naples la capitale du droit pendant trois siècles, et les Napolitains disent encore qu'une chose est longue comme un procès à la Vicaria. Si vous n'en trouvez pas, passez sous la Porta Capuana vers le soir, quand le marché alentour ferme, et regardez la porte de marbre avec ses tours : c'est l'entrée de la ville que les Aragonais voulaient qu'on voie en premier.

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