La légende veut que l'église s'élève sur la maison de famille de Cécile, mise à mort au début du troisième siècle. La Légende dorée raconte que le pape Urbain I, après avoir converti son mari Valérien et assisté au supplice, ensevelit son corps parmi ceux des évêques et consacra sa maison en la transformant en église, comme Cécile elle-même le lui avait demandé. Son titre, en tout cas, est attesté dès le cinquième siècle. En 822 le pape Pascal I, grand collecteur de reliques et bâtisseur d'églises, vit en songe Cécile lui révéler où elle était ensevelie : il fit élever cette année-là la basilique sur le lieu de l'église précédente et y fit transférer le corps.
À voir
Ce qu'il y a de plus extraordinaire ici est une copie. En 1599 le cardinal Paolo Emilio Sfondrati fit ouvrir le sépulcre de marbre : à l'intérieur, dans un coffre de cyprès, le corps était presque intact, vêtu de blanc, avec la marque des blessures au cou. Clément VIII vint le constater lui aussi, et l'on commanda au sculpteur Stefano Maderno de reproduire la figure telle qu'on l'avait retrouvée. C'est ce marbre de Paros que l'on voit sous le maître-autel. Au-dessus se dresse le ciborium qu'Arnolfo di Cambio éleva en 1293 ; au fond, la mosaïque du cul-de-four de l'abside, autrefois plus étendue et couvrant aussi les côtés. Dans la seconde moitié du treizième siècle Pietro Cavallini y peignit à fresque le Jugement dernier. Le clocher, que le pape Pascal II fit construire au douzième siècle en même temps que le portique, penche aujourd'hui légèrement.
La visite
Beaucoup de ce qui était là ne se voit plus. En 1830, pour consolider l'édifice, les colonnes antiques furent enfermées dans les piliers de brique que l'on voit à présent et les arcs furent abaissés : les colonnes sont toujours là, à l'intérieur. Le pavement cosmatesque fut remplacé, les fermes du toit cédèrent la place à un faux plafond de bois avec une peinture de Sebastiano Conca, les fenêtres furent réduites, et au-dessus des arcades on ouvrit de petits chœurs réservés aux moniales, une sorte de tribune tardive. La façade à effet que l'on voit depuis la cour est elle aussi un ajout : Ferdinando Fuga la dessina pour le cardinal Francesco Acquaviva d'Aragona, qui y fit placer son propre nom bien en vue.
Le conseil de la rédaction
Descendez. Sous l'église, à cinq mètres de profondeur environ, se trouvent les salles apparues au début du vingtième siècle, quand le cardinal titulaire décida de restaurer et d'agrandir la crypte et en profita pour faire des sondages. Il y a une domus du deuxième siècle avant Jésus-Christ, ensuite convertie en tout ou en partie en insula : le Trastevere, à l'époque républicaine, était encore la campagne, et il se peupla quand la ville grandit. On reconnaît une rue, un escalier, une salle, une petite installation thermale privée et une pièce aux bassins très bien construits mais jamais étanchéifiés, sans doute pour conserver des denrées, que les fouilleurs trouvèrent remplis de terre sous un sol plus récent. Une salle avec une vasque circulaire devint un baptistère hexagonal revêtu de marbre, et à côté se tient le balneum que la tradition désigne comme le lieu du martyre.
