Il se dresse sur la piazza della Bocca della Verità, là où se trouvait autrefois le Forum Boarium, non loin du temple d'Hercule et du plus ancien port sur le Tibre, et c'est l'un des rares édifices de la Rome antique qui nous soient parvenus parfaitement conservés. La raison est simple et un peu paradoxale : au neuvième siècle le temple fut transformé en église chrétienne, d'abord sous le nom de Santa Maria Secundicerii puis comme Santa Maria Egiziaca, patronne des prostituées repenties. La structure ecclésiastique fut insérée à l'intérieur de l'édifice sans en toucher l'extérieur.
À voir
C'est un temple ionique et tétrastyle, c'est-à-dire à quatre colonnes en façade, de plan pseudopériptère : devant, au pronaos, les colonnes sont libres ; sur les côtés et à l'arrière elles deviennent des demi-colonnes adossées au mur de la cella, comme si la colonnade faisait tout le tour mais restait prise dans la paroi. Regardez la pierre, car elle n'est pas partout la même : les colonnes du pronaos et celles des angles de la cella sont en travertin, les autres en tuf de l'Aniene. Les parties en tuf étaient probablement enduites, pour donner à l'œil l'effet du marbre.
La visite
L'édifice que l'on voit a été daté, d'après les matériaux trouvés dans les fondations, des années comprises entre 80 et 70 avant Jésus-Christ, mais dessous se lisent les traces de phases plus anciennes. Dans la plus lointaine, entre la fin du quatrième et le début du troisième siècle avant Jésus-Christ, il y avait un long podium en tuf de Grottaoscura, relié au cours du troisième siècle au pont Aemilius par un petit pont maçonné. Le temple se trouvait dans une enceinte sacrée et fut modifié vers la première moitié du deuxième siècle avant Jésus-Christ, quand le terrain fut rehaussé : peut-être à cause d'un aménagement des berges du Tibre.
Le conseil de la rédaction
Cherchez ce qui reste de l'église. En 1916 la structure ecclésiastique fut supprimée pour rendre au temple son aspect antique, mais à l'intérieur on voit encore les fresques du haut Moyen Âge qui racontent l'histoire de la sainte. Le monument se raconte ainsi deux fois : dehors le temple républicain, dedans les peintures de l'église qui lui a permis de traverser les siècles. Le nom aussi a changé : pendant des siècles ce fut le temple de la Fortune Virile, et ce n'est que dans les années vingt du vingtième siècle qu'il a été identifié au temple dédié au dieu Portunus, celui dont parle Marcus Terentius Varron.
