La basilique s'élève sur l'Arx, l'une des deux hauteurs du Capitole, sur les ruines du temple de Junon Moneta ; l'identification n'est pourtant pas certaine, et d'autres études placent l'église là où se trouvait l'Auguraculum, le lieu d'où les augures prenaient les auspices en observant le vol des oiseaux. Le nom vient d'une légende racontée dans les Mirabilia Urbis Romae, selon laquelle Auguste eut ici la vision d'une femme portant un enfant dans les bras et entendit une voix dire que c'était là l'autel du fils de Dieu : « Cette vision eut lieu dans la chambre de l'empereur Octavien, où se trouve à présent l'église de S. Maria in Capitolio. C'est pour cette raison que l'église de S. Maria fut appelée Autel du ciel. »
À voir
L'escalier qui monte de la place est lui-même un ex-voto : la commune libre le commanda en 1348, comme promesse à la Vierge pour qu'elle mette fin à la peste qui traversait alors l'Europe, et il fut bâti avec des marbres de remploi pris à ce qui restait de l'escalier du temple de Sérapis au Quirinal. C'est Cola di Rienzo qui l'inaugura. En haut, la façade est de brique nue, sans aucun revêtement. À l'intérieur, le plafond doré fut construit pour le triomphe du Romain Marcantonio Colonna, revenu en 1571 de la bataille de Lépante.
La visite
Ce n'est pas une église des papes, c'est l'église des Romains. En 1250 Innocent IV la donna aux franciscains, qui la refirent en formes romano-gothiques et la retournèrent : elle regardait auparavant le palais des Sénateurs et le Forum, elle regarde depuis lors Saint-Pierre et le Champ de Mars. Elle devint le siège des assemblées populaires de la commune libre ; ici Pétrarque fut couronné poète, et ici, à chaque fin d'année, se chante le Te Deum d'action de grâces du peuple romain. Pendant l'occupation française les frères furent chassés et l'église réduite à une étable, et une grande partie des décors cosmatesques fut détruite ; plus tard le chantier du Vittoriano emporta les bâtiments du couvent.
Le conseil de la rédaction
Cherchez le Saint Enfant, que les Romains appellent affectueusement er Pupo : une petite figure de l'enfant Jésus sculptée au quinzième siècle dans le bois d'olivier du jardin de Gethsémani et couverte d'ex-voto, à laquelle la dévotion populaire attribuait des pouvoirs miraculeux et devant laquelle on venait demander une grâce pour une maladie ou un malheur. Ce que vous verrez n'est pas lui. L'original fut volé en février 1994 et n'a jamais été retrouvé ; une copie occupe sa place. Ce qui frappe, c'est que les fidèles continuent d'apporter de nouveaux ex-voto à la copie aussi.
