La maison que l'on voit aujourd'hui près de la Porta Soprana n'est qu'un tronçon. Jusque vers 1900 elle comptait cinq étages, mais les poutres des niveaux supérieurs reposaient sur les murs porteurs des immeubles voisins : quand le côté nord du vico Dritto Ponticello fut démoli pour ouvrir la via XX Settembre, les trois étages du haut durent disparaître. Les deux qui restent ne sont pas médiévaux non plus : le bombardement ordonné par Louis XIV en 1684 a rasé l'îlot, et la maison fut rebâtie sur ses ruines au début du XVIIIe siècle. Sur l'adresse, en revanche, les archives ne laissent aucun doute. Domenico Colombo, tisserand et à l'occasion marchand de vin et de fromage, s'y installa en 1455 avec son fils Christophe, qui avait alors quatre ans ; la famille y resta jusque vers 1470, tandis que les dettes s'accumulaient et que le garçon commençait à prendre la mer.
À voir
Le rez-de-chaussée conserve la disposition du temps des Colombo : une boutique sur la rue et, à sa gauche, la porte du logement ; au-dessus, un plancher à poutres de bois sépare le premier étage, comme le laisse deviner l'acte par lequel la famille céda le bien aux Bavarello. Sur la façade est scellée la plaque posée par la municipalité après l'achat de 1887, décidé sous le maire Andrea Podestà en vue du quatrième centenaire de la découverte.
À côté de la maison se dresse le cloître roman de Sant'Andrea, du XIIe siècle. Il appartenait au monastère de la colline du même nom, arasée en 1904 : l'architecte Alfredo d'Andrade sauva les pierres et les fit remonter ici, colonne après colonne. C'est ce qu'il y a de plus ancien sur place et, pour beaucoup de visiteurs, de plus beau.
La visite
La maison-musée appartient à la ville de Gênes et est gérée par l'association culturelle génoise Porta Soprana ; vérifiez les jours et les horaires avant de vous présenter, car l'ouverture n'est pas continue. L'entrée se trouve juste en dehors des anciennes murailles médiévales, à quelques mètres des tours de la Porta Soprana, dans l'un des coins les mieux desservis du centre. À l'intérieur, deux pièces : un quart d'heure suffit, et qui attend un musée de la navigation sera déçu.
Le conseil de la rédaction
Faites le tour du bâtiment avant d'entrer, du côté du cloître : on comprend aussitôt qu'il s'agit d'un fragment volontairement étayé, et la coupe des murs raconte la démolition du début du XXe siècle mieux que n'importe quel panneau. À l'intérieur, demandez le rapport que l'historien Luigi Tommaso Belgrano rédigea le 12 mai 1887 pour convaincre le conseil municipal d'acheter la maison : une copie est conservée sur place, l'original se trouve à la Biblioteca Berio.
