🌿 Jardins et thermes

Orto botanico dell'Università di Genova

📍 Genova, Ligurie · 55/100

Le jardin botanique de Gênes doit sa taille actuelle, un hectare à peine sur les anciens domaines de Pietraminuta derrière l'Albergo dei Poveri, à une amitié. À la fin du XIXe siècle, l'enseignant Ottone Penzig se lia à Sir Thomas Hanbury, le collectionneur anglais propriétaire depuis 1867 des jardins de la Mortola, près de Vintimille : Hanbury paya de sa poche l'agrandissement du terrain, les fontaines, les allées, la plantation d'espèces rares et la construction du Regio Istituto di Botanica, avec salles de cours, bureaux et laboratoires, puis offrit le tout à l'université en 1892. La même année, pour les 400 ans de la découverte de l'Amérique, s'y tint le premier congrès international de botanique organisé en Italie. Le jardin, lui, était plus ancien : le médecin et botaniste Domenico Viviani l'avait fondé en 1803 sur une bande de terre derrière le palais de l'université, ancienne propriété du collège jésuite de San Gerolamo, et dans une ville de marchands et d'armateurs il naquit surtout comme collection de plantes médicinales. Le catalogue de 1819 recensait 1011 espèces, dont 60% de médicinales européennes.

À voir

Les six serres, ajoutées dans les années soixante, justifient à elles seules la visite. L'une est consacrée aux fougères et conserve des sujets monumentaux de Cibotium et d'Angiopteris : c'est l'héritage de Rodolfo Pichi Sermolli, directeur du jardin et l'un des meilleurs spécialistes mondiaux des ptéridophytes, qui fit venir des fougères de tous les continents, arborescentes comprises ; une bonne part de cette collection vivante est toujours là. Une autre serre abrite de grands arbres tropicaux, du Ficus au Sterculia, avec bananiers, canne à sucre et cacaoyer ; une troisième les plantes aquatiques tropicales, les orchidées épiphytes, le poivre, la vanille et le café. Viennent ensuite les succulentes, avec Aloe, Euphorbia et Agave, et la serre des Cycadaceae ; la dernière, semi-enterrée, n'est pas ouverte au public et sert à la recherche.

En plein air poussent des cèdres du Liban, des cyprès et des séquoias plus que centenaires. Ce qui a disparu, ce sont les herbiers et les archives des explorations : les bombardements de la Seconde Guerre mondiale ont éventré les toitures et un incendie a fait le reste. Les collections d'exsiccata de Pichi Sermolli se trouvent aujourd'hui à Florence, à l'université.

La visite

Le jardin dépend de l'université de Gênes et n'est pas un parc municipal : il suit le calendrier universitaire, et mieux vaut vérifier à l'avance les jours et les modalités d'accès, souvent liées à une visite guidée. Il se trouve en plein centre, derrière le palais universitaire de la via Balbi, avec l'entrée sur le corso Dogali et l'Albergo dei Poveri à côté ; il s'étage en terrasses, prévoyez donc quelques escaliers. Les serres se parcourent en un peu plus d'une heure.

Le conseil de la rédaction

Nous gardons la serre des fougères pour la fin, quand l'œil s'est habitué au vert : les fougères arborescentes font alors un tout autre effet. Et avant de sortir, cherchez les séquoias et les cèdres du Liban en pleine terre, des arbres venus d'autres continents plantés dans une ville qui a toujours vécu de la mer et du négoce. C'est exactement la logique qui remplissait ces planches de plantes médicinales il y a deux siècles.

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