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⛪ Églises et sanctuaires

chiesa di Santa Maria presso San Satiro

📍 Milano, Lombardie · 69/100

Le chœur n'existe pas. Qui entre par la via Torino voit une nef qui finit dans une abside profonde, avec la voûte à caissons et les colonnes qui s'éloignent ; qui s'approche de l'autel découvre que la profondeur est de moins d'un mètre, et que tout le reste est stuc peint et perspective. Donato Bramante, arrivé à Milan depuis peu, n'avait pas de place parce que derrière passait la rue, et inventa la solution qui allait faire école au théâtre et en peinture pendant trois siècles : le premier grand trompe-l'œil de la Renaissance, dans une église construite à partir de 1478 pour Gian Galeazzo Sforza et sa mère Bonne de Savoie autour d'une image miraculeuse.

À voir

L'image est la Vierge à l'Enfant de l'autel, celle qu'en 1242 un jeune homme hors de lui frappa d'un couteau et qui saigna ; pendant deux siècles elle resta à l'air libre, adossée à la petite église de San Satiro, puis le duc décida qu'elle méritait un temple. La petite église, le sacellum que l'archevêque Ansperto fonda au neuvième siècle pour le frère de saint Ambroise, est toujours là, à gauche du transept, en croix grecque, ramenée à ses formes d'origine par les restaurations d'avant-guerre, avec à l'intérieur la Lamentation de terre cuite d'Agostino Fonduli, un groupe de figures grandeur nature autour du Christ mort, la bouche ouverte.

De la nef droite, on entre dans la sacristie octogonale, la vraie œuvre de Bramante en dehors du faux chœur : deux ordres, des niches et une coupole, avec la frise de terre cuite de Fonduli, têtes et putti qui se penchent. Dehors, derrière, sur la via Falcone, la façade arrière de Bramante avec le tiburio cylindrique qui cache la coupole, le campanile roman du onzième siècle, la chose la plus ancienne de toutes, et la façade principale du dix-neuvième siècle, de 1871, que presque personne ne regarde.

La visite

L'église est via Torino, à trois minutes du Duomo, cachée derrière les vitrines avec une petite cour devant ; c'est une paroisse, ouverte toute la journée avec une pause à la mi-journée, gratuite, et le faux chœur se voit toujours, sauf pendant la messe. Le sacellum et la sacristie ont un éclairage à pièces. Dix minutes suffisent pour l'effet, une demi-heure pour le comprendre.

Le conseil de la rédaction

Jouez le jeu comme il faut : entrez, arrêtez-vous sur la porte au centre, et regardez le chœur ; puis marchez vers l'autel en gardant le regard fixe et observez le moment où la perspective se brise et où les colonnes s'écrasent. Puis allez à droite, au fond de la nef, et regardez-le de biais : c'est le seul point où Bramante n'a rien fait pour vous, et l'on voit à quel point il était bon.

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