À Santa Sofia, dit la légende, les anciens tentèrent de fonder Pavie : ce qu'ils bâtissaient le jour, ils le retrouvaient détruit le lendemain, et ils finirent par renoncer. Le lieu, une terrasse qui domine le Tessin de vingt mètres, servit ensuite de port militaire pour la défense de la ville, et en 773 et 774 Charlemagne y campa pendant qu'il assiégeait Pavie : la tradition veut que la chapelle de Santa Sofia ait été élevée par les mains mêmes du roi franc et de ses paladins. Reconstruite à la fin du seizième siècle, elle faillit à la fin des années cinquante tomber dans le fleuve parce que l'érosion lui mangeait les fondations ; restaurée dans les années quatre-vingt-dix, elle accueille aujourd'hui expositions et mariages.
Le nom de la commune, lui, parle d'une tour et d'une île : il apparaît comme Ynsula au douzième siècle et comme Turris Insulae au quinzième, et un acte de 1456 nomme une tour à l'intérieur d'une exploitation agricole du monastère de San Lanfranco — peut-être celle-là même. « Île » veut dire ici terre entre deux eaux, et le Tessin est à deux pas. À partir du quinzième siècle le village fut aux Botta, puis Botta Adorno, la famille même qui tenait Lungavilla : ils firent d'importants travaux d'irrigation et bâtirent au dix-huitième siècle la villa qui fut longtemps le seul bâtiment habité de Torre d'Isola, avec sa petite église de Santa Maria della Neve, consacrée en 1706. La commune d'aujourd'hui a grandi par agrégations : Santa Sofia en 1841, San Varese et Cassine Tolentine en 1871.
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