Les fonts baptismaux qui alimentent aujourd'hui une fontaine publique de Sant'Elia a Pianisi n'ont pas toujours été là. Ils viennent de l'église Santa Maria in Planisi, qui se dressait sur la colline au nord-ouest du village, à l'intérieur de l'enceinte du château. Lorsque l'archevêque de Bénévent Vincenzo Maria Orsini, futur pape Benoît XIII, la désacralisa en 1701, le site était déjà abandonné : on descendit dans la vallée tout ce qui pouvait encore servir.
Le château apparaît dans les documents dès 1008, même si la charte qui le nomme en premier est en réalité un faux fabriqué plus tard. Les preuves sûres arrivent avec les Angevins : dans les registres de la chancellerie, le Castrum Pianisii est estimé à trente onces d'or et, en 1269, il est aux mains de Jean de Nanteuil, à qui les habitants versaient la taxe dite « pro indumentis ». Puis les sources se taisent. Certains datent la fin du tremblement de terre de 1306, d'autres la repoussent au seizième siècle ; la tradition locale préfère 1598 et les Espagnols.
À voir
Ce que l'on voit aujourd'hui a été dégagé par trois campagnes de fouilles de l'Université du Molise, menées entre 2013 et 2015. Sont apparus de longs tronçons des murs de soutènement de la terrasse supérieure, la base de la tour cylindrique qui dominait le village et les vestiges de l'église, avec une large abside et un solide clocher. Regardez de près les blocs : réguliers, presque sans traces d'outil, car la pierre était détachée en suivant les fissures naturelles de la carrière. C'est un calcaire tendre qui, par endroits, se feuillette tout seul. Les couches d'effondrement ont livré de nombreuses tuiles, une monnaie de l'empereur byzantin Romain Ier Lécapène et des fonds de coupes en protomajolique.
Le conseil de la rédaction
La colline se trouve à un peu moins de quatre kilomètres au nord-ouest du village : chaussures fermées, aucune ombre, et la montée n'a de sens qu'en pleine lumière. Avant ou après, faites le tour du bourg : les fonts baptismaux dans la fontaine, le relief du treizième siècle encastré dans la façade de l'église San Rocco et, à San Pietro, la fresque de la fin du quatorzième siècle où un chevalier affronte un dragon ailé — ici, on y reconnaît Jean de Nanteuil.
