⛪ Églises et sanctuaires

chiesa di Sant'Emidio Vescovo e Martire

📍 Agnone, Molise · 47/100

À Agnone, on l'appelle le duomo, alors qu'elle n'a jamais été cathédrale. L'église Sant'Emidio marque l'entrée du vieux centre, au Largo Micca, là où débouche le corso Vittorio Emanuele ; elle fut bâtie hors les murs, puis englobée dans l'enceinte de la Porta Maggiore, aujourd'hui disparue. Les premières mentions remontent à 1096 et s'accompagnent d'un détail peu tendre : pour la construire, on démonta le hameau des «Civitelle».

La dédicace à saint Émidius, évêque d'Ascoli et protecteur contre les tremblements de terre, a fait penser à une fondation voulue par les marchands d'Ascoli Piceno : hypothèse répandue, pas certitude. Les séismes, eux, sont certains. Au treizième siècle, l'église avait gagné une seconde nef, plus petite, et elle resta ainsi jusqu'aux secousses du dix-huitième siècle et surtout jusqu'à celle de 1805, qui imposa des réparations, des transformations intérieures et le bouchage des fenêtres gothiques latérales, remplacées par de plus larges ouvertures.

À voir

La façade du quatorzième siècle est la pièce maîtresse, et elle traîne une question d'attribution toujours ouverte. Le grand portail gothique, surmonté d'un oculus et, au sommet, d'une petite niche abritant la statuette votive du saint, présente un ébrasement à colonnettes torses, des motifs en arête de poisson et des pointes de diamant ajourées, des chapiteaux à palmette d'acanthe et un lion rampant posé sur un corbeau sculpté en tête de télamon. Ce sont les manières de Francesco Petrini, le sculpteur de Lanciano auteur des portails de Santa Maria Maggiore et Sant'Agostino et, en Molise, de la façade du duomo de Larino ; à cause de l'Agnus Dei plus faible placé sous la clé du gâble, certains ont proposé Rogerio da Fregene, actif à Vasto. La rose est très grande et reprend la pointe de diamant ajourée des chantiers de Lanciano ; les colonnettes torses qui portaient son encadrement ont disparu. À côté du portail, une croix stationnale repose sur une colonne octogonale dont la base est un chapiteau du quatorzième siècle retourné.

À l'intérieur, deux nefs : la principale et la nef latérale baroque, réunies par un grand arc brisé angevin. Les autels latéraux sont des tabernacles de bois sculpté et doré d'école des Marches ; la sculpture porte des signatures connues, de Giovanni Duprè et de sa fille Amalia à Giulio Monteverde, avec une statue du quinzième siècle représentant saint Émidius tenant sur la paume la maquette d'Agnone.

Le conseil de la rédaction

De la nef baroque on passe à la Biblioteca Emidiana, fondée en 1897 : son premier fonds fut les 700 volumes donnés par un prêtre du lieu, enrichi ensuite d'ouvrages rares. Dernière note : en 1995, Jean-Paul II s'est arrêté dans cette église, venu à Agnone pour la fonderie de cloches Marinelli.

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