Un château français sur les rives du Pô : les toits raides en ardoise, les quatre pavillons d'angle et la cour en fer à cheval ouverte vers le fleuve sont l'idée de maison que Christine de France, la première Madame Royale, rapporta de Paris. Le Valentino était une villa des Birago qu'Emmanuel-Philibert acheta en 1564, revendit pour payer la Citadelle et racheta sur le conseil de Palladio ; Christine le reçut en cadeau de noces et le fit refaire par Carlo et Amedeo di Castellamonte pendant quarante ans, jusqu'en 1660, comme maison de plaisance où fuir la cour et ses intrigues. Depuis 1997, il est patrimoine mondial avec les autres résidences de Savoie.
À voir
L'étage noble est une suite de pièces qui portent le nom de leurs plafonds : la Chambre du Zodiaque, la Chambre des Roses, des Lys, la Chambre Verte, puis la Salle de la Guerre, celle des Magnificences, de la Chasse et des Fêtes. Les stucs et les fresques sont des artistes luganais de la famille Bianchi, qui travaillèrent sur un programme écrit par le rhéteur de cour Emanuele Tesauro et par le comte Filippo d'Agliè, l'ami de Madame : des histoires célébrant le lien entre les Savoie et la France, des fleurs, des signes du zodiaque et des allégories à déchiffrer. Sur la façade vers la cour, les grandes armes de Savoie et l'inscription dictée par Tesauro.
Le château ne fut jamais un château : au dix-neuvième siècle, il devint caserne, puis école vétérinaire, puis siège de l'Exposition nationale de 1858, quand Cavour le fit réaménager, et en 1864 du Musée royal industriel dont naquit, en 1906, le Polytechnique. C'est encore aujourd'hui le siège de la faculté d'Architecture : les étudiants passent chaque jour sous les voûtes de Madame Christine, et c'est peut-être l'usage le plus juste.
La visite
Les salles d'apparat ne se visitent que certains jours, avec des visites guidées sur réservation organisées par le Polytechnique ; la cour d'honneur, ouverte vers le parc, est toujours accessible, et le Jardin botanique de l'Université se trouve dans les jardins voisins. Le Parco del Valentino tout autour, dessiné en 1855 comme jardin romantique, est le parc des Turinois, avec le faux Bourg médiéval de l'Exposition de 1884 à deux pas.
Le conseil de la rédaction
Regardez le château depuis la rive opposée du Pô, depuis les quais du corso Moncalieri, au coucher du soleil : les pavillons et les toits à la française se reflètent dans l'eau et c'est la seule perspective pour laquelle il fut conçu, celle de qui arrivait en barque. Puis, si vous trouvez une date d'ouverture, entrez dans la Chambre du Zodiaque : aucune autre résidence de Savoie n'a conservé aussi intact le dix-septième siècle de Madame Christine.
