Le Torrione, le Triùn pour les gens d'Aranco, est la trace la plus visible du passage des comtes de Biandrate dans la basse Valsesia. C'est une construction trapue et sombre, haute d'une quinzaine de mètres, à base carrée, faite de galets de la Sesia et de pierraille du Monte Aronne, élevée vers 1150 sur la rive du fleuve. Aranco, qui a grandi autour d'elle, apparaît sous le nom d'Auranchum dans un document du 23 novembre 1217, lorsque les représentants des villages valsésiens durent jurer aux Verceillais un pacte de citoyenneté ; le lieu est resté commune autonome jusqu'en 1928.
À voir
La tour se lit entièrement de l'extérieur : plan carré, maçonnerie de galets de rivière et de pierre locale, peu d'ouvertures, aucune concession décorative. C'était un bâtiment de travail avant d'être un bâtiment de guerre. En temps de paix, il servait fort bien de perception et de bureau de douane pour le trafic des marchandises d'une rive de la Sesia à l'autre ; en temps de bataille, il faisait office de vigie et de fortin, et il a longtemps garanti la sécurité des habitants d'Aranco. Ces deux fonctions expliquent sa forme : assez haute pour voir loin le long du cours d'eau, assez massive pour tenir un siège bref.
La visite
Aranco n'est pas un village de carte postale et ne prétend pas l'être : la tour se trouve dans un tissu de maisons et d'ateliers, et il faut la chercher. Vers 1400, le hameau vit naître l'oratoire de San Rocco dans la zone du Vespino, là où les routes de la Valsesia croisaient celles de la Valsessera : de nombreux troupeaux y convergeaient chaque année pour la tonte et les acheteurs venaient du Biellois, si bien qu'Aranco s'est fait une réputation de marché de la laine de la vallée. Entre 1880 et 1933, le bourg fut le terminus du tramway à vapeur qui montait de Verceil. On regarde la tour depuis la rue : ce n'est pas un musée et elle n'a pas d'horaires.
Le conseil de la rédaction
Les batailles dont les gens d'Aranco se souviennent ne se sont pas livrées ici, mais au Bocchetto, le passage vers la Valsessera : en 1377 contre les hommes de Crevacuore et de Guardabosone, pour de vieilles querelles de pâturages frontaliers, et en 1617 entre milices piémontaises et milices espagnoles de Don Sancho da Lima y Rosa. Les Valsésiens l'emportèrent les deux fois. Devant le Triùn, mieux vaut s'en souvenir : ce n'était pas une place forte de frontière, c'était le contrôle d'un passage et d'un péage dans une vallée qui se défendait toute seule.
