Le Sacro Monte de Varallo est le plus ancien des Sacri Monti de l'aire alpine lombardo-piémontaise, et le plus intéressant sur le plan artistique. C'est un parcours : on monte entre ruelles et placettes en longeant quarante-quatre chapelles peintes à fresque, peuplées d'environ huit cents statues grandeur nature en terre cuite polychrome ou en bois, et l'on finit à la basilique. Depuis le 4 juillet 2003 il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO avec les huit autres Sacri Monti du Piémont et de la Lombardie.
À voir
L'idée date de 1481 et revient à un frère franciscain, Bernardino Caimi. Au milieu du quinzième siècle le pèlerinage en Terre sainte devenait dangereux à cause des Turcs, et en Occident grandissait le besoin d'en reproduire les lieux : Caimi voulut refaire non seulement le Saint-Sépulcre mais tous les sites les plus emblématiques, afin que cette montagne fût une véritable alternative au voyage. De là le nom sous lequel on le connaît, Nouvelle Jérusalem. Les travaux commencèrent en 1486 et en 1491 les chapelles du Saint-Sépulcre, de l'Ascension et de la Déposition étaient achevées.
La visite
Le parcours que l'on suit aujourd'hui n'est pas celui pensé par Caimi. Entre 1565 et 1568 Galeazzo Alessi réorganisa les chapelles : non plus par lieu, Nazareth, Bethléem et Jérusalem, mais dans l'ordre chronologique, afin que le visiteur suive chapelle après chapelle les étapes de la vie de Jésus. La basilique de l'Assomption fut commencée en 1614 sur des dessins de Bartolomeo Ravelli et de Giovanni d'Enrico et achevée seulement en 1713 ; le Palais de Pilate possède un Escalier saint bâti sur le modèle de celui de San Giovanni in Laterano à Rome.
Le conseil de la rédaction
Les statues ne sont pas un décor, elles sont la substance. Des premières années du seizième siècle jusqu'en 1528, le maître d'œuvre fut Gaudenzio Ferrari, de Valduggia, qui dessina des chapelles, sculpta et peignit les fonds à fresque ; au dix-septième siècle arrivèrent le Morazzone, le Tabacchetti et les frères D'Enrico d'Alagna, parmi lesquels Tanzio da Varallo. C'est en regardant leurs visages que l'on comprend pourquoi Giovanni Testori a appelé ce lieu le grand théâtre de montagne.
