L'église de la Madonna della Solitudine, en sarde sa Solidae, se trouve à Nuoro, sur la route, la via Ciusa, qui monte ensuite au mont Ortobene, au milieu de la végétation. Au XVIIe siècle, on y construisit une petite église de campagne, comme tant d'autres en Sardaigne, pour les bergers et les paysans qui n'habitaient pas en ville ; les habitants de Nuoro s'y rassemblaient pour la fête, avec danses, chants et nourriture en abondance. Celle d'aujourd'hui est une église nouvelle : l'artiste de Nuoro Giovanni Ciusa Romagna remporta le concours lancé pour ramener en Sardaigne le corps de Grazia Deledda et, entre 1947 et 1958, élabora le projet, réalisé en démolissant l'édifice du XVIIe siècle.
À voir
La façade de marbre, haute, sobre et linéaire, est couronnée d'un petit clocher-mur. La porte de bronze, avec la Madonna della Solitudine, est du sculpteur de Sassari Eugenio Tavolara. L'intérieur est simple, à nef unique, avec des poutres de bois apparentes et une abside en demi-cercle ; le long des murs à la chaux, dans de petits arcs brisés, se déroule le Chemin de croix.
Sur le mur de droite se trouve le sarcophage de granit noir poli qui renferme la dépouille de Grazia Deledda, prix Nobel de littérature en 1926. L'écrivaine mourut à Rome en 1936 et fut enterrée au Verano ; son corps fut transféré en Sardaigne en 1959. L'église conserve aussi la statue de la Vierge des Douleurs.
La visite
Les horaires d'ouverture et des offices sont à vérifier sur place. Quelques mois avant de mourir, Deledda écrivit son dernier roman, intitulé justement La chiesa della Solitudine : l'héroïne souffre, comme elle, d'un mal incurable.
Le conseil de la rédaction
Demandez à voir la cloche de bronze de l'ancienne église, datée de 1622, œuvre du maître fondeur Giovanni Pira. Elle fut commandée par Perdita Basigheddu, une femme de Nuoro poursuivie pour sorcellerie, qui avait été réconciliée avec l'Église en 1605 après une première condamnation à la prison à vie. Elle porte trois images gravées de Marie : une Vierge des Douleurs devant la croix vide, une Vierge d'Itria sortant d'un coffre porté par deux hommes en costume espagnol, et une Vierge à l'Enfant entourée d'anges.



