En juillet 1544, l'assaut du corsaire ottoman Barberousse rasa Lipari, un épisode dramatique que les chroniques ont retenu sous le nom de ruina. L'année suivante, en 1545, sur la volonté de l'empereur Charles Quint et du pape Paul III, la ville entama sa reconstruction en élevant l'église des Âmes du Purgatoire au milieu du môle de Marina Corta. L'édifice s'élève sur une zone sujette au bradyséisme, particularité géologique que le peintre allemand Jakob Philipp Hackert a lui aussi mise en évidence dans un célèbre tableau consacré à l'île.
À voir
L'intérieur se présente en nef unique. Sur la surélévation du maître-autel est conservé un tableau représentant la Vierge et les âmes du purgatoire, œuvre attribuée à Francesco Albani. L'autel latéral de droite accueille une toile de la Vierge de l'Annonciation, tandis que le mur de gauche abrite le Presepe del Mare. L'église conserve en outre les statues en bois des saints Côme et Damien.
À l'extérieur, le petit clocher rappelle les formes normandes par une flèche centrale à base octogonale entourée de quatre pinacles, élément architectural proche de l'église San Giuseppe toute voisine et du clocher de la cathédrale de Messine. Sous la nef s'étend une crypte souterraine de 200 mètres carrés, sans doute un ancien temple paléochrétien, ensuite transformée en dépôt pour les dîmes destinées aux plus démunis.
La visite
En 1911, l'édifice a trouvé sa place dans l'histoire contemporaine de l'île en offrant refuge à Angelo Paino avant sa fuite, après les menaces reçues pendant le litige sur les carrières de pierre ponce. Dans les années 70 et 80, l'église a servi à la Sagra del Pesce, à l'occasion de la fête des saints Côme et Damien. Engagés en 1994, les travaux de restauration se sont conclus par la réouverture officielle de l'église le 2 juillet 2016.
Le conseil de la rédaction
Pendant la visite, regarde attentivement le mur de gauche de la nef, où se trouve le Presepe del Mare, une œuvre liée à la tradition maritime de Marina Corta.
