Fondé en 581 sous le patronage du pape Grégoire le Grand et de sa mère sainte Silvie, le complexe fut le premier siège abbatial bénédictin de Sicile. Détruit par les Sarrasins en 842, le lieu de culte fut reconstruit vers 1132 par le roi Roger II et confié aux moines de l'ordre de Guillaume de Verceil, sous le titre de monastère royal dédié à saint Jean l'Apôtre et Évangéliste. Le nom « degli Eremiti » vient à la fois de la vie ascétique des moines et de la proximité de l'ancienne église de San Mercurio (Ermes en grec). Depuis le 3 juillet 2015, l'édifice est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO au sein du site en série Palerme arabo-normande et les cathédrales de Cefalù et Monreale.
À voir
L'extérieur montre un appareil de blocs de tuf équarris, surmonté de coupoles d'un rouge vif. La couleur actuelle remonte aux restaurations menées vers 1880 par l'architecte Giuseppe Patricolo, qui rétablit cet aspect à partir de traces anciennes d'enduit rouge sombre. Bâti sur un plan en croix commissa, l'intérieur compte trois absides semi-circulaires et se divise en cinq travées carrées couvertes de petites coupoles, raccordées aux murs par des niches. Le presbytère se termine par une niche et se couvre lui aussi d'une coupole, comme les deux corps quadrangulaires voisins, dont celui de gauche s'élève pour former le clocher. Parmi les œuvres attestées par les sources, on rappelle une peinture sur toile de saint Jean l'Évangéliste réalisée au XVe siècle par Tommaso De Vigilia. Sur la cour extérieure donne l'oratoire de San Mercurio, élevé en 1572 par la Compagnie de la Madone du Désert. La partie la mieux conservée de l'ancien monastère est le cloître médiéval, entouré d'un jardin où subsiste une citerne d'époque arabe : la structure se distingue par ses colonnettes jumelées, aux chapiteaux sculptés de feuilles d'acanthe, qui portent des arcs brisés à double rouleau.
La visite
L'église se trouve dans le quartier historique de l'Albergaria, au 19 via Benedettini, à deux pas du Palazzo dei Normanni et juste à côté de l'église de San Giorgio in Kemonia. Le parcours donne accès à la salle ecclésiale, dépourvue de mobilier, puis se poursuit dans l'ancien cloître bénédictin, où tu observes l'architecture intégrée au jardin.
Le conseil de la rédaction
Pendant ta promenade dans le cloître, regarde de près le travail des chapiteaux à feuilles d'acanthe des colonnettes jumelées, et repère la citerne d'époque arabe dissimulée dans la végétation du jardin.
