En 1529 les troupes impériales qui assiégeaient Florence arrivèrent dans ce monastère hors les murs et commencèrent à le détruire : elles mirent en pièces l'autel de marbre, pillèrent les salles, abattirent des murs. Puis elles entrèrent dans le réfectoire, virent ce qui était peint sur le mur du fond et s'arrêtèrent. C'est la Cène d'Andrea del Sarto, et elle est encore là, dans la seule salle qui ne fut pas touchée ce jour-là.
À voir
La Cène occupe tout le mur : les figures sont grandeur nature, la table est basse, la lumière entre par la droite comme elle entre réellement dans la pièce, et au-dessus, dans une loge peinte, deux serviteurs se penchent pour regarder la scène. Andrea del Sarto y travailla longtemps et l'acheva peu avant sa mort ; elle est tenue pour la dernière grande Cène de la Renaissance florentine, celle qui ferme la série commencée un siècle plus tôt.
Dans les salles autour du réfectoire, aujourd'hui musée, sont réunis les morceaux de l'autel de Benedetto da Rovezzano brisé lors du sac puis recomposé, d'autres œuvres du seizième siècle florentin et les vestiges de l'abbaye vallombrosaine fondée ici au onzième siècle. L'église San Michele, à côté, conserve le tombeau du fondateur de l'ordre.
La visite
San Salvi est hors du centre, dans la périphérie est de Florence : une demi-heure à pied depuis Santa Croce, dix minutes en autobus ou deux arrêts de train. L'entrée est gratuite, fermé en principe le lundi et ouvert seulement le matin. Trois quarts d'heure. Il n'y a presque jamais personne et la salle est vaste et silencieuse.
Le conseil de la rédaction
Allez-y exprès, un matin où le centre est bondé : une demi-heure d'autobus et vous voilà seul devant un chef-d'œuvre, sans billet et sans file. Et avant de sortir cherchez les fragments de l'autel brisé : ils sont exposés dans les salles voisines et montrent ce qu'ont fait ce jour-là les soldats qui, devant un mur peint, ont ensuite décidé de s'arrêter.
