On l'a longtemps appelé la tour des Pauvres : il était échu à la paroisse Saint-Laurent d'Aoste, qui en affecta le revenu à la caisse des pauvres. Auparavant il appartenait aux seigneurs de Villa au Gressan, qui le firent bâtir vers 1191 et comptaient parmi les plus anciennes familles nobles valdôtaines, présentes dans la vallée avant l'an 1000.
À voir
Deux corps se distinguent : la tour carrée du XIIe siècle, en blocs de tuf et moellons de granit, et l'aile résidentielle semi-circulaire ajoutée au XVe siècle sur trois niveaux. La tour n'a pas de fenêtres, seulement des meurtrières ; la porte d'origine, au nord, s'ouvre à sept mètres du sol et s'atteignait par un double escalier de bois amovible. Au-dessus subsistent les corbeaux qui portaient la poutre d'un hourd de bois, et le sommet se termine par un toit-plateforme en plomb qui sert de belvédère sur la plaine. À l'intérieur, la salle de réception, une chapelle peinte par les Artari et une salle des armoiries avec les blasons des Savoie et des familles nobles valdôtaines, comme dans la cour d'Issogne.
La visite
Tombé en ruine puis restauré, le château fut acheté en 1885 par l'évêque d'Aoste Joseph-Auguste Duc, qui en fit sa résidence d'été et y intervint lourdement : il fit abattre une partie de l'enceinte pour la remplacer par un parapet crénelé et ouvrit une porte au niveau de la route. Depuis 1945 il appartient à la famille Arruga ; habité et fermé au public jusqu'en 2011, il sert aujourd'hui de structure d'accueil et accueille des expositions temporaires.
Le conseil de la rédaction
Il se tient parmi les vergers et les vignes, le long de la route régionale de Gressan, et mieux vaut y aller à pied : cinq minutes vers l'aval se trouve la tour de la Plantaz, et à l'est l'église de la Madeleine, à la façade peinte à fresque en 1453.
