Avec Ne et Re, c'est la commune au nom le plus court d'Italie, et ce nom est un gué: il vient du latin vadum, qui signifie aussi «marais, bas-fonds», par la forme vao. Le gué se trouvait pourtant sur une rivière qui ne passe plus par ici. Avant la désastreuse crue connue comme la rotta della Cucca, en 589, un bras de l'Adige se détachait un peu en amont d'Este, longeait toute la chaîne des collines Euganéennes et rejoignait le cours principal près de l'actuelle Bovolenta; dans l'Antiquité le lieu s'appelait Vicus Euganeus. Le village lui-même a déménagé: au début du vingtième siècle la mairie fut transférée à la Ca' Erizzo, en position plus centrale, et le Vo' d'aujourd'hui a grandi autour de ce siège, tandis que l'ancien centre — formé autour de la villa que les Contarini firent élever au dix-septième siècle — fut rebaptisé Vo' Vecchio. À Zovon les carrières de trachyte sont encore en activité, une pierre qui résiste aux intempéries et qu'on employait dans l'Antiquité pour les colonnes, les pavements et les escaliers.
Deux dates pèsent sur ce village de quelques milliers d'habitants. Dans la villa Contarini Giovanelli Venier de Vo' Vecchio, du trois décembre 1943 à la mi-juillet 1944, la République sociale italienne tint l'un de ses camps de concentration pour les juifs des régions de Padoue et de Rovigo, ensuite déportés à Auschwitz: au moment de la déportation quarante-sept personnes y étaient internées. En février 2020 Vo' fut au contraire l'un des premiers foyers de la pandémie en Italie; toute la population de la commune fut testée, et l'étude menée par Andrea Crisanti, professeur de microbiologie à l'université de Padoue, mit en évidence que le virus pouvait être transmis aussi par des personnes contaminées mais sans symptômes.