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🌋 Nature et panoramas

laguna di Venezia

📍 Venezia, Vénétie · 75/100

Avant Venise, il y a la lagune, et sans la lagune Venise ne s'explique pas. Ce sont environ 550 kilomètres carrés d'eau saumâtre enfermés entre l'embouchure du Sile et celle de la Brenta, la lagune la plus vaste de la Méditerranée : huit pour cent seulement sont des terres émergées, onze de l'eau et des canaux, le reste des barene, des vasières et des platiers de marée qui émergent et disparaissent deux fois par jour. Depuis 1987, tout le territoire est patrimoine mondial de l'UNESCO avec la ville.

À voir

La lagune s'est formée il y a environ six mille ans, quand la mer a remonté la plaine après la dernière glaciation. Elle fut un refuge : entre le cinquième et le sixième siècle, les populations romaines fuyant les invasions s'installèrent sur les îles, et la crue de 589, la Rotta della Cucca, modifia le cours des fleuves et réunit les bassins en une seule étendue d'eau. Ainsi naquirent Torcello, Murano, Burano et Mazzorbo, bien avant que Rialto ne compte. Une lettre de Cassiodore raconte ce monde : des gens qui mangent du poisson, commercent le sel en guise de monnaie, tiennent une barque comme on tient un cheval sur la terre ferme, et vivent dans des maisons « semblables à des nids d'oiseaux de mer ».

Le paysage d'aujourd'hui est l'œuvre de l'homme autant que de la nature. Entre le quinzième et le seizième siècle, la République détourna la Brenta, le Sile et la Piave hors du bord lagunaire pour empêcher l'envasement ; les trois passes, Lido, Malamocco et Chioggia, la relient à l'Adriatique, et les files de pieux, les bricole, balisent les chenaux navigables. Au-delà des îles habitées, il y a celles du silence : San Francesco del Deserto et son couvent, San Lazzaro degli Armeni, les deux Lazzaretti, Sant'Erasmo, qui est le potager de Venise.

La visite

On explore la lagune avec les vaporetti de ligne vers Murano, Burano et Torcello, avec les bateaux pour Chioggia et Pellestrina, ou avec les barques à fond plat qui s'engagent dans les petits chenaux entre les barene. Les marées la transforment : en automne et au printemps, l'acqua alta inonde les îles les plus basses, tandis que la marée basse découvre les fonds. Les vannes mobiles du MOSE, aux passes, se lèvent les jours de marée exceptionnelle.

Le conseil de la rédaction

Ne vous arrêtez pas à Murano et Burano : prenez le vaporetto jusqu'à Torcello, la mère de Venise, et continuez à pied jusqu'à la cathédrale. Du campanile, on voit la lagune nord comme la voyaient les premiers réfugiés : barene, chenaux et ciel, avec la ville au loin qui semble posée sur l'eau.

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