C'est le dernier palais qu'une famille patricienne construisit sur le Grand Canal avant la fin de la République, et le plus grand : les Grassi, riches et nouveaux, achetèrent maison sur maison à San Samuele et, à partir de 1748, firent élever par Giorgio Massari, qui finissait la Ca' Rezzonico sur la rive opposée, une façade de pierre blanche de style classique qui, au milieu des gothiques et des baroques, semble arrivée de Rome. Dedans il n'y a pas le portego vénitien mais une cour à colonnes, un escalier peint à fresque et des plafonds décorés. Puis les Grassi s'éteignirent et le palais changea dix fois de mains, jusqu'à la Fiat de Gianni Agnelli en 1983, qui en fit avec Gae Aulenti le siège de grandes expositions, et à François Pinault, qui l'acheta en 2005 pour y installer sa collection d'art contemporain.
À voir
Ce qu'il y a dépend de l'exposition : le Palazzo Grassi n'a pas de collection permanente exposée, mais une ou deux expositions par an de la Collection Pinault, l'une des plus grandes au monde pour l'art du présent, avec des artistes de Rudolf Stingel à Damien Hirst, qui en 2017 remplit le palais de faux trésors remontés d'une fausse épave. Qui vient pour le palais trouve de toute façon la cour centrale couverte d'un velum, où chaque exposition place sa plus grande pièce, l'escalier avec les fresques de Michelangelo Morlaiter et Francesco Zanchi, les plafonds de Giambattista Canal.
Et il trouve le travail de Tadao Ando, qui dans la restauration a voulu être invisible : murs blancs de marmorino, sols de linoléum gris par-dessus les marbres anciens, lumière zénithale, une neutralité presque monacale qui laisse parler les œuvres et les fenêtres sur le Grand Canal. À côté, dans le jardin des Grassi, le Teatrino, l'auditorium de béton qu'Ando a tiré de l'ancien théâtre en plein air des années cinquante ; et à un arrêt de vaporetto, à la Punta della Dogana, l'autre moitié de la collection, dans la douane de mer du même architecte.
La visite
Le palais est campo San Samuele, arrêt de vaporetto San Samuele sur le Grand Canal, à dix minutes de Saint-Marc par les ruelles ; billet propre, combinable avec la Punta della Dogana, fermé le mardi et entièrement fermé entre deux expositions, généralement en hiver : vérifiez le calendrier avant. Deux heures, plus avec la Dogana. Le Teatrino a un programme de rencontres et de projections souvent gratuites.
Le conseil de la rédaction
Achetez le billet même si l'exposition ne vous intéresse pas : montez au second étage et penchez-vous aux fenêtres centrales sur le Grand Canal, face à la Ca' Rezzonico, dans la lumière de l'après-midi, et vous aurez la vue que les Grassi ont payée pour l'avoir et qu'aucun autre palais ouvert au public ne donne de cette hauteur. Puis faites le tour de la cour par le haut et regardez la grande pièce de tous les côtés.
