Le torrent Peschiera traverse le Bosco Magnano, et ce sont ses eaux cristallines qui donnent le ton à tout le reste : végétation dense et, dit-on à San Severino Lucano, la loutre qui y vit encore. Nous sommes sur le versant nord-est du massif, à l'endroit où la vallée du Sinni cède la place au parc national du Pollino, et le bois en constitue la porte de ce côté. Administrativement c'est un hameau de Chiaromonte ; le torrent qui le coupe descend ensuite rejoindre le Frido, à quelques kilomètres en aval de San Severino Lucano.
À voir
Le bois est une hêtraie, et c'est la faune qui justifie l'arrêt. Le cerf élaphe y a été ramené par un projet de repeuplement désormais réussi, au point qu'on l'aperçoit à l'état sauvage au cours des randonnées. Plus rare est l'autre habitant, Sciurus meridionalis, l'écureuil noir : l'un des animaux les plus curieux d'Italie, et l'un des plus difficiles à voir.
La visite
Mieux vaut arriver par le bas, depuis la vallée du Sinni : c'est de ce côté que le bois se présente le mieux, masse compacte de hêtres posée à l'entrée de la montagne. Il n'y a ni portail ni horaires, c'est un morceau de parc national ; le repère reste le Peschiera, dix-sept kilomètres en tout, l'un des principaux cours d'eau du Pollino.
Le conseil de la rédaction
Prenez-le comme un début et non comme une fin : d'ici la route grimpe vers San Severino Lucano, continue jusqu'au hameau de Mezzana et s'achève au sanctuaire de la Madonna del Pollino, à 1537 mètres au-dessus de la vallée du Frido. Mais descendez d'abord jusqu'au Peschiera et restez dix minutes en silence : vous ne verrez pas la loutre, mais c'est bien cette eau-là qui l'a convaincue de rester.
