Via San Biagio dei Librai, c'est-à-dire sur Spaccanapoli, se dresse l'église que se firent bâtir les marchands de soie. La corporation de la soie était l'une des plus riches de la ville, et au dix-huitième siècle elle refit de fond en comble son église des saints Philippe et Jacques pour le montrer : marbres incrustés partout, couleurs différentes dans les autels, stucs, dorures et un plafond peint. Qui entre comprend aussitôt combien la soie rapportait à Naples.
À voir
Les autels et les balustrades sont la pièce maîtresse : les marbriers napolitains découpaient des plaques de pierres différentes et les emboîtaient comme un puzzle, obtenant des fleurs, des volutes et des rubans qui semblent peints et qui sont de la pierre. Ici le travail est particulièrement riche parce que le commanditaire pouvait se le permettre. Au plafond et dans les autels se trouvent des toiles de peintres napolitains du dix-huitième siècle.
À côté de l'église se trouve le siège de la corporation, avec sa salle de réunion et son mobilier : c'était à la fois un lieu de culte, une association professionnelle et une école pour les apprentis. L'ensemble raconte un métier qui à Naples a fait vivre pendant des siècles des milliers de personnes et qui aujourd'hui n'existe presque plus.
La visite
L'église est via San Biagio dei Librai, à cinq minutes de la piazza San Domenico et dix de la cathédrale, le long de la rue la plus fréquentée du centre ancien ; entrée libre, avec des horaires limités et liés aux offices. Vingt minutes.
Le conseil de la rédaction
Approchez-vous du maître-autel et regardez le marbre de tout près, à quelques centimètres : on voit les lignes de jonction entre les morceaux, extrêmement fines, et l'on comprend que chaque pétale est une plaque taillée à la main et encastrée. C'est l'art dans lequel les Napolitains ont été les meilleurs d'Europe pendant deux siècles, et il ne se juge que de près.
