Naples est bâtie avec la pierre qui est dessous : le tuf jaune, cendre des Champs Phlégréens compactée il y a quinze mille ans, se coupe facilement et tient bien. Pendant des siècles on l'a extrait en creusant sous les maisons mêmes que l'on construisait avec, et le résultat est une ville au-dessus et son négatif au-dessous : environ neuf cent mille mètres carrés de vides connus, et la carte n'est pas achevée.
À voir
Sur les parcours visitables on descend trente ou quarante mètres et l'on traverse les carrières de tuf, les citernes et les canaux de l'aqueduc gréco-romain, qui portait l'eau aux maisons par les puits. Au fond se trouvent les couloirs étroits, larges comme une personne, que l'on parcourt la bougie à la main parce qu'il n'y a pas de lumière électrique.
Le même réseau fut adapté pendant la seconde guerre mondiale en abri antiaérien : dans certaines salles il y a encore les lits de camp, les jouets, les inscriptions sur les murs et les objets laissés par ceux qui y passèrent des mois. Le passage des citernes romaines aux graffitis de mille neuf cent quarante-trois se fait en quelques mètres, et c'est ce qui frappe le plus.
La visite
L'entrée la plus connue est piazza San Gaetano, via dei Tribunali ; on n'entre qu'en visite guidée, à horaires fixes, et mieux vaut réserver. Une heure et demie. Il y a des escaliers raides et des passages très étroits : qui souffre de claustrophobie doit le savoir avant, il existe des parcours qui les évitent.
Le conseil de la rédaction
Demandez au guide les pozzari, les hommes qui tenaient propres les puits et les citernes et montaient dans les maisons par en dessous pour travailler. C'est d'eux qu'est née la légende du munaciello, le petit moine qui entre dans la maison et déplace les choses : un vrai métier devenu un fantôme domestique, et c'est la manière napolitaine de raconter ce qu'il y a dessous.
