🏺 Sites archéologiques

Pompei

📍 Pompei, Campanie · 88/100

Avant d'être un site archéologique, Pompéi a été une ville vivante pendant huit siècles, sur un replat de roche volcanique haut de près de trente mètres au-dessus de la plaine, près de l'embouchure du Sarno. La position n'était pas fortuite : il n'y avait pas de sources dans les environs, et le fleuve était à la fois la réserve d'eau, la voie vers l'intérieur et le port. Grecs et Étrusques l'ont contrôlée sans jamais la prendre par les armes, lui laissant une certaine autonomie.

À voir

Du passage des Grecs il reste le Temple dorique, bâti non pas au centre mais à l'écart, dans ce qui allait devenir le Forum triangulaire : ce qui les intéressait, c'étaient les routes et le port, non pas s'installer ici. Les Étrusques, arrivés dans la plaine vers la fin du VIe siècle av. J.-C., apportèrent l'atrium toscan dans les maisons, le temple d'Apollon et une première place servant de marché. Mais la ville que l'on parcourt aujourd'hui est samnite avant tout par son plan : entre le IIIe et le IIe siècle av. J.-C., Pompéi atteignit son périmètre définitif, avec les murs renforcés en pierre du Sarno et un commerce de vin et d'huile qui allait jusqu'en Provence et en Espagne.

La visite

Dans les murs entre porta Ercolano et porta Vesuvio se voient encore les marques laissées par les gros projectiles de pierre avec lesquels l'armée de Sylla battit la ville pendant la guerre sociale. Les Pompéiens s'étaient rangés contre Rome parce que les sénateurs se partageaient les terres alentour tandis que la citoyenneté romaine leur était refusée ; ils résistèrent longtemps et ne tombèrent qu'en 89 av. J.-C., presque sans dégâts. Peu après, en 80 av. J.-C., la ville devenait colonie sous le nom de Colonia Cornelia Veneria Pompeianorum, mais le latin n'effaça rien : on continua de parler l'osque et le grec, comme le disent les graffitis, et pendant un demi-siècle environ on continua de mesurer à l'osque. Sur les façades subsistent les affiches électorales peintes, avec les noms des quartiers : Forenses, Campanienses, Salinienses.

Le conseil de la rédaction

Le dernier jour a un horaire. Vers une heure, un grondement annonce que le bouchon de magma solidifié a cédé ; en cinq heures environ la pluie de cendres et de lapilli atteint un mètre de hauteur et les premiers toits lâchent. À six heures le lendemain matin, une coulée pyroclastique atteint les murs, une autre à sept heures, une autre quelques minutes plus tard, la dernière et la plus violente à huit heures : ceux qui avaient survécu meurent alors. Des quelque 1150 victimes retrouvées, 394 gisaient dans les couches inférieures de lapilli, écrasées par les toits effondrés, et environ 650 plus haut, à l'air libre, rejointes par les nuées ardentes. La plupart des Pompéiens, pourtant, avaient déjà fui. Ceux qui coururent vers porta Ercolano n'y parvinrent pas ; ceux qui sortirent par porta Stabia avaient une chance de plus, sauf que la mer était démontée par les secousses et les barques presque toutes détruites.

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