Sur un mur de cette propriété, le long de la via dell'Abbondanza, il y avait une affiche peinte : à louer, à partir des ides d'août et pour cinq ans, le bain, les boutiques avec leurs mezzanines et les appartements de l'étage, dans les biens de Julia Felix, fille de Spurius. C'est l'annonce immobilière la plus célèbre du monde antique, et elle est la clé de tout : les praedia ne sont pas une maison de maître, ce sont un placement. Après le tremblement de terre de 62, la propriétaire garda une aile pour elle et mit le reste en location, thermes compris, qu'elle ouvrit au public parce que ceux de la ville étaient hors d'usage.
À voir
L'ensemble occupe un îlot entier et se traverse de part en part. Ce qui reste en mémoire, c'est le jardin : un long canal d'eau en marbre, l'euripe, avec ses fontaines et un portique de colonnes fines, et au fond une salle à manger d'été dont les lits sont maçonnés et derrière laquelle l'eau descendait en cascade dans le dos des convives. Ce sont des espaces d'établissement public plutôt que de maison privée, et c'est exactement ce qu'ils étaient devenus.
Puis le quartier thermal, avec le vestiaire, la salle chaude et le bassin, et sur la rue la file de boutiques avec les escaliers qui montaient aux logements. Les plus belles peintures — les scènes de la vie du forum, avec les étals des marchands, les écoles en plein air et les mendiants, et les natures mortes — ne sont plus ici : elles furent détachées au milieu du dix-huitième siècle et se trouvent au Musée archéologique national de Naples. Ce fut l'une des toutes premières maisons de Pompéi à être fouillée, en 1755, et l'une des rares à être ensuite recouverte de terre et oubliée pendant un siècle.
La visite
Les praedia sont dans la Regio II, sur la via dell'Abbondanza à quelques pas de l'amphithéâtre et de l'entrée de Porta Anfiteatro ; compris dans le billet du site. Une demi-heure. Grâce au jardin replanté, c'est l'un des secteurs les plus ombragés des fouilles, et par forte chaleur l'endroit où ralentir. L'ouverture des maisons varie : on vérifie le plan à l'entrée.
Le conseil de la rédaction
Avant d'entrer, arrêtez-vous sur le trottoir de la via dell'Abbondanza et regardez le mur extérieur : l'inscription d'origine, retrouvée en 1757, n'y est plus, mais c'est là qu'on lisait l'annonce de location. Entrez ensuite et longez le canal jusqu'au bout : en dix pas, vous parcourez la différence entre une maison de famille et une affaire tenue par une femme qui savait compter.
