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Arco di Costantino

📍 Roma, Latium · 82/100

À quelques pas du Colisée, sur l’ancienne voie des triomphes entre le Palatin et le Célius, l’arc de Constantin fut dédié par le Sénat pour commémorer la victoire sur Maxence à la bataille du pont Milvius (28 octobre 312) et inauguré en 315, pour les decennalia, les dix ans de règne de l’empereur. Haut de 21 mètres, large de près de 26 et profond de 7,40, avec un passage central et deux passages latéraux plus petits, il est l’un des trois arcs de triomphe conservés à Rome, avec ceux de Titus et de Septime Sévère – et il fut le premier édifice de l’empire à célébrer une victoire de Romains sur des Romains.

Sa singularité tient à ce qu’il est un collage : une bonne part des marbres, des éléments d’architecture et des sculptures provient de monuments plus anciens, démontés puis réemployés. Ce ne fut pas seulement une affaire d’économie. En citant les « bons empereurs » du IIe siècle, Constantin se présentait comme leur héritier direct, et les têtes des reliefs récupérés furent retaillées jusqu’à porter ses traits.

À voir

Sur l’attique, de part et d’autre de l’inscription, se tiennent les panneaux de l’époque de Marc Aurèle et, sur les petits côtés, les plaques d’une grande frise trajane ; à l’aplomb des colonnes, les statues de Daces en marbre pavonazzetto, elles aussi d’époque trajane. Au-dessus des arcs latéraux courent les paires de tondi hadrianiens, avec des scènes de sacrifice aux divinités païennes, et sous eux la longue frise en bas-relief sculptée à l’époque constantinienne. Dans l’inscription dédicatoire, la formule instinctu divinitatis – « par l’inspiration de la divinité » – est sans doute équivoque à dessein : en 315, Constantin gardait encore une équidistance calculée entre les religions.

La visite

L’arc s’observe de l’extérieur, en en faisant le tour : les faces et les flancs portent des programmes décoratifs distincts, et les inscriptions plus petites au-dessus des passages latéraux renvoient aux célébrations des dix et des vingt ans de règne. L’histoire est encore passée tout près de lui à des époques récentes : en 1530, Lorenzino de’ Medici fut chassé de Rome pour avoir tranché par jeu quelques têtes des reliefs, en partie rétablies au XVIIIe siècle, et en 1960 l’arc servit de ligne d’arrivée au marathon olympique, remporté pieds nus par l’Éthiopien Abebe Bikila.

Le conseil de la rédaction

Arrive tôt, avant que le quartier du Colisée ne se remplisse, et accorde aux reliefs un examen rapproché. Le jeu que nous te proposons : reconnaître les époques. Les Daces et la frise de l’attique parlent de Trajan, les tondi d’Hadrien, les panneaux du haut de Marc Aurèle, tandis que les parties constantiniennes se trahissent par leurs moulures simplifiées. Un musée à ciel ouvert de la sculpture romaine officielle, ramassé dans un seul monument.

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