Les sources romaines placent ici l'origine de la ville : le premier noyau s'appelait Roma quadrata, d'après la forme à peu près losangée du sommet de la colline. Le mythe et l'archéologie, pour une fois, désignent le même point : sous une tombe plus tardive on a trouvé dans la roche les trous de poteaux et les entailles courbes de cabanes de l'âge du fer. Et la casa Romuli, la hutte que les Romains n'ont cessé de reconstruire et de restaurer, se dressait dans l'angle sud-ouest, exactement là où plus tard s'élèverait la maison d'Auguste.
À voir
Le nom a trois explications et la source elle-même les aligne : il pourrait venir de la déesse Palès, dont la fête des Palilia tombait le vingt et un avril, c'est-à-dire le jour de la fondation de Rome ; ou de palus, parce que ces anciens habitats se faisaient sur pilotis ; mais la dérivation la plus logique est celle de pala, qui veut dire hauteur. On y célébrait aussi les Lupercales : depuis la grotte du Lupercal, au pied de la colline, une procession de prêtres vêtus de peaux de chèvre faisait le tour du Palatin en fouettant quiconque passait à portée, et surtout les femmes, dans un rite de fécondité.
La visite
À l'époque républicaine c'était l'adresse de la classe dirigeante. Y habitaient Cicéron et son frère Quintus, l'orateur Hortensius, Marc Antoine, et aussi Milon et Clodius, qui partageaient la même colline jusqu'à ce que le premier tuât le second. Sous la Domus Flavia deux de ces maisons sont réapparues, la Maison des Griffons et l'Aula Isiaca, avec d'importantes fresques. Puis vint Auguste, né ici : il acheta la maison d'Hortensius et s'agrandit. Dès lors il devint naturel pour tous de résider sur le Palatin, et la colline se remplit des palais de Tibère, de Néron, des Flaviens et de Septime Sévère, jusqu'à former un unique complexe ininterrompu de bâtiments et de jardins. C'est de là que vient le mot : Palatium, puis palazzo, et palace, palais, Palast.
Le conseil de la rédaction
La colline de la fondation de Rome a eu des propriétaires surprenants. Au seizième siècle les Farnèse l'achetèrent et firent aménager par Vignole les Jardins Farnèse, encore en partie conservés au-dessus des ruines du palais de Tibère. Élisabeth Farnèse les apporta en dot à Philippe V d'Espagne en 1714 et ils passèrent aux Bourbons de Naples ; en 1861 le roi déposé François II fut contraint de les vendre à Napoléon III, amoureux de la Rome antique, qui lança les fouilles. Après Sedan, en 1870, Napoléon les revendit à l'État italien pour 650 000 lires. Et il reste le fait qui frappe le plus : le palais de Tibère n'a jamais été fouillé. Il est encore tout entier là-dessous, sous les jardins.
