Les sources antiques l'appellent Basilica Nova, ou basilique de Constantin. C'est pourtant Maxence qui la commença, entre 308 et 312, et son rival victorieux qui en hérita : Constantin se la fit dédier de nouveau et, dans la statue colossale de l'abside occidentale, fit remplacer le visage de Maxence par le sien. Elle n'appartenait pas au Forum romain proprement dit, même si elle relève aujourd'hui de la même zone archéologique : elle s'élevait sur la Velia, la crête qui reliait le Palatin à l'Esquilin, et servait surtout à l'activité judiciaire du préfet de la Ville. Dessous, les fouilles ont trouvé un vaste ensemble utilitaire d'époque domitienne, occupé en partie par les horrea piperiana, les entrepôts du poivre et des épices.
À voir
Du bâtiment gigantesque il ne reste que le côté nord. À la place des bas-côtés séparés par des files de colonnes s'ouvraient trois grandes niches par côté, couvertes de voûtes en berceau dont les caissons octogonaux se voient encore. La nef centrale portait trois voûtes d'arêtes en opus caementicium, à trente-cinq mètres environ de hauteur, qui reposaient sur les refends transversaux et sur des colonnes de marbre proconnésien adossées à leur extrémité. Les colonnes ont toutes disparu : la seule encore debout au dix-septième siècle fut placée par le pape Paul V sur la place Sainte-Marie-Majeure en 1613, et elle s'y trouve toujours. Les dimensions et le système constructif sont ceux des grandes salles thermales, que l'on appelait d'ailleurs elles aussi des basiliques.
La visite
Dans l'abside occidentale se dressait la statue colossale : un acrolithe fait en partie de marbre, en partie de bois et de bronze doré, haut de douze mètres. Les fragments de marbre ont resurgi à la fin du quinzième siècle et se trouvent aujourd'hui dans la cour du palais des Conservateurs, au Capitole. La niche centrale du côté nord reçut une seconde abside couverte d'un cul-de-four, aux parois scandées de niches à statues sur deux ordres et, au fond, un podium maçonné pour le tribunal des juges : on l'attribue d'ordinaire à l'achèvement constantinien, mais le niveau plus élevé des fondations fait penser à une intervention plus tardive. La question de savoir par où l'on entrait a elle aussi changé de réponse : Antonio Nibby imaginait l'entrée sur le petit côté oriental, tandis qu'une étude archéologique plus récente tient pour l'accès principal celui du sud, sur la via Sacra, un portique à quatre colonnes aux fûts de porphyre précédé d'un escalier, construit pour rattraper la dénivellation entre la rue et la Velia. En 1960, sous ces voûtes, se sont disputées les épreuves olympiques de lutte.
Le conseil de la rédaction
Levez les yeux vers la naissance des voûtes et pensez à ceux qui sont venus ici les mesurer. Aux quinzième et seizième siècles, cette ruine fut l'une des références des projets de Sant'Andrea de Mantoue, des projets pour Saint-Pierre et des églises palladiennes : on y cherchait des réponses aux problèmes de la très grande échelle et aux couvertures voûtées construites à la manière romaine. Et gardez en tête que pendant des siècles personne ne savait bien ce qu'il regardait : le nom exact se perdit tôt, les restes étaient connus sous celui de Templum urbis et furent identifiés à tort au temple de la Paix, que les Flaviens avaient élevé pour la victoire sur Jérusalem et où l'on conservait le butin enlevé au Temple. Au lieu s'attacha aussi la légende médiévale d'Auguste et de la Sibylle tiburtine, selon laquelle un temple païen — une statue, dans d'autres versions — devait s'écrouler le jour où une Vierge accoucherait. Le nom juste n'est revenu qu'au début du dix-neuvième siècle, avec Antonio Nibby, dans une vive polémique avec Carlo Fea.
